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 Les légendes de Nedghast

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Hotep
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MessageSujet: Les légendes de Nedghast   Jeu 12 Sep - 21:45

Voici la partie PV purement Rp du forum. Je vous explique le fonctionnement.

Vous pouvez poster ce que vous voulez ici tant que c'est du Rp en rapport avec le PV. Il n'y a pas de longueur prédéfinie à ceux-ci ils peuvent aller d’un ou deux paragraphes ( environ  les trois quarts d'une page word ) à un roman entier si l'envie vous chante. Vous pouvez tout aborder et à l’échelle qui vous chante. Pour vous donnez une idée c’est comme si chacun de nous faisait ses propres chapitres d’un immense livre racontant les légendes de Nedghast. Les intrigues s’entre mêlent, on s’arrête sur cette partie de l’histoire pour allez voir ce qui se passe à un autre endroit, etc

Gardez juste à l'esprit ceci :

- Vous devez respecter et prendre en compte ce qui a été poster avant vous. Vous pouvez reprendre des idées ou des intrigues postées avant avec l’accord du joueur.

- Vous pouvez poster seul ou en synergie avec un ou plusieurs autres posteurs. Dans ce dernier cas mettez vous d’accord entre vous par Mp, email, steam ou skype, etc

- Vous pouvez définir une partie de l’Univers ( des principes physique comme le warp, l’anti-univers, la distorsion, des planètes, etc ) mais pas tout, pensez toujours à laisser de la place aux autres joueurs soit en ne définissant qu’une partie de l’Univers, soit en ne fixant pas vos principe dans le marbre ou en le limitant à une partie de l’Univers, etc. Pour les idées affectant une grande partie de l’Univers l’ensemble des joueurs devra se réunir pour en débattre.

- Le temps est de 1 ans par page, vous pouvez par contre raconter à votre gré ce qui ce passe avant la date de la page en cours si vous avez loupé des pages ou si vous voulez explorer le passé du Pv.

- Pensez à mettre un titre à chaque fois ( exemple Monde I, Monde II, Monde III ou Élémentaire : Glace et feu, Élémentaire : Air et Terre, ...) pour un suivit plus facile des aventures.

Voilà tout est dit maintenant, ils nous reste plus qu’à poster ;)

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Hotep
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MessageSujet: Re: Les légendes de Nedghast   Mar 17 Sep - 22:32

Ast

Ça fait plusieurs heures que je marche. Dans toute les directions, aussi loin que  porte mon regard il n'y a que cette terre jaune et friable, et ce vent qui souffle n'arrange rien. Il transporte une sorte de poussière irritante qui brûle les yeux et les poumons quand on la respire, une vraie saloperie qui peut vous tuer si vous êtes trop têtu pour vous abriter. Bon ici c’est rapide, des abris il n’y en a aucun, la tempête s’était levée et m’avait pris de court donc à part avancer je ne pouvais rien  faire d’autre. J’avais trouvé de vielle lunette d’aviateur que j’avais adapté pour me protéger les yeux deux semaines plus tôt et un peu de tissu m’aidait à respirer le moins possible de poussières. Je regarde encore une fois ma boussole, il est très facile de se perdre en tournant en rond dans un endroit pareil. Je devais continuer vers l’Est. À 40 kilomètres se trouve Tilaras, un bidonville géant infesté de déchets de l’humanité en tout genre. Elle est sur la chaîne du legs de l’humanité et c’est le seul accès à Ast, mon ticket de sortie.

Les vents se sont encore accrus. J’arrête pas de tousser  et mon dosimètre commence à s’affoler même si le soleil à complètement disparu. J’arrive pas à voir s’il s’est couché ou si c’est simplement cette tempête qui le masque. Il y a des éclairs partout, ça tombe toutes les trente secondes environ, il va vraiment falloir que je m’arrête si je veux pas m’en prendre un sur le coin de la truffe. Finir en barbecue sur patte, la mort conne vraiment. Je crus voir du béton dépasser du sol tout à l’heure, je vais revenir sur mes pas en espérant que ce n’est ni une hallucination ni un repère de sauvages. Ils affectionnent les cibles isolés et avec le chargement que j’ai se battre serait de l’ordre du fantasme, surtout qu’ils nous tombent dessus à 8 ou 9. Encore un ou deux ça va, trois on peut toujours se débrouiller mais là. Enfin je vais être fixer.

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MessageSujet: Re: Les légendes de Nedghast   Dim 29 Sep - 15:16

(746723) Barbe-Noire : Astéroïde Pénitentiaire de la ceinture dite des "Pirates".

Barbe-Noire, complexe de classe B sur une échelle comptant plusieurs dizaines de lettres et autant de numéros et d'exceptions qu'il pouvait se compter d'établissements carcéraux dans l'univers. Avec Barbe-Noire, pas de soucis néanmoins.

La classe B, c'était ce qu'il y avait de pire avant la classe A. Et encore, tout ce qui manquait à un tel complexe pour grimper dans le guide touristique du petit taulard, c'était la superficie : Tout cent vingt kilomètre de large paumé qu'il était dans une chaîne comptant de nombreux petit frères, cela ne suffisait pas. Seul une planète pouvait prétendre à la classe A, la crème de la crème.

Prenez Acheron par exemple : une gigantesque planète océanique ballottée par des orages magnétiques imprévisibles à même de foutre en l'air le plus robuste des vaisseaux de guerre, et pas une seule sortie à moins de 18 kilomètres de profondeur sous-marine.

Aton : 700 degrés à l'ombre en pleine journée, -250 la nuit...

Raxus : Lacs d'acide, radiations et déchetterie à ciel ouvert. Supplément intéressant de travail de démantèlement des carcasses négligemment abandonnés là, avec tout les risques de se faire refroidir par les défenses automatiques restées malencontreusement en marche ; ou par une faune et une flore carnivore qui a dû très vite s'adapter à la disparition d'une partie de son écosystème.

Revenons-en toutefois à Barbe-Noire, et ce qui pouvait lui valoir sa classification, et notre attention...

Cet astéroïde n'était que le mieux sécurisé de toute la ceinture, ceinture qui elle-même, n'était en fait qu'un ancien et gigantesque complexe minier que l'on avait reconfiguré pour une utilisation carcérale. Les prisonniers étaient utilisés comme main d'oeuvre par une corporation mercenaire locale peu regardante sur des notions très abstraites comme les conventions des "Droits du vivant" que l'on pouvait voir appliquées dans d'autres portions de l'espace plus civilisées. Là où l'on se fichait comme d'une guigne de ce que les réfugiés de planètes soumises à des catastrophes industrielles pouvaient bien endurer, tant que l'on avait accès aux derniers luxes et aux dernières tendances.

Barbe-Noire était justement là où se faisait ces derniers luxes et ces dernières tendances, grâce à un savant stratagème issu de la division marketing prolifique de la bande de gus enfouraillés qui détenait le complexe. En effet, à une époque où la technologie automatique battait son plein dans tout les domaines, et où l'on dénonçait sans détour les abus de la terraformation et de la production massive, que pouvait-on trouver de mieux que la savante production artisanale à l'ancienne issus d'ateliers modestes d'une frange somme toute sinistrée de l'univers ? Là était le génie de l'action. Exploiter la pire des racailles pour faire ressortir de la merde qui passait entre leurs doigts, de l'or de toute première qualité. Adieu la production zéro défauts, adieu les lourds investissements de la réplication ; le futur était dans l'artisanat !

Parti des simples ruines abandonnés d'une carrière datant d'une époque où la Hiérarchie était encore une valeur sûre, les mercenaires avaient progressivement récupéré toute la ceinture pour y installer leur business, et Barbe-Noire, le joyau et en quelque sorte, la capitale. Elle était devenu le centre de production, car elle était déjà vidé de toutes ses potentielles richesses minières. Là reposaient tous les criminels trop dangereux pour même être équipés d'un laser de découpe de faible puissance, condamnés aux même gestes abrutissants à longueur de journée, fermement enchaînés et surveillés par des gardiens qui n'étaient autres que les cadavres d'anciens prisonniers reconvertis en "drones", par souci d'économie. A vivre dans une seule salle, à dormir à même le sol et se nourrir et se soulager au même endroit, on en vient à perdre toute notion de civilisation, voire même d'esprit, ce qui arrangeait bien les geôliers. Puisque les émeutes et les bagarres garantissaient un afflux régulier de pièces de rechanges, et la faible qualité et de nombre des produits un gage de ... qualité.

A coté de ces conditions avilissantes, les drones, les appareils de sécurité automatiques, ou bien encore la verrouillage ADN de tout les appareils et les systèmes de reconnaissances de cible des armes. Rien ne semble à même de pouvoir permettre une évasion, voilà ce qui fait de Barbe-Noire une classe B, voir même la classe B de référence. Y être interné, c'est la garantie d'une mort certaine, stupide et particulièrement déshonorante.

Et pourtant, ici, certains cultivent encore l'espoir d'une évasion, et personne, dans cette morgue où l'on achève les blessés et démantibule les cadavres, ne sait encore ce qui se prépare...

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MessageSujet: Re: Les légendes de Nedghast   Lun 30 Sep - 20:03

Quelque part dans les Franges Extérieures, secteur Alpha-Hypérion 8652-35, vaisseau d'extraction minière  "Atlas"



Sur le pont du Atlas, une lumière rouge s'afficha au-dessus d'un des modules de stase. Une petite alarme retentis sur le pont de commandement où tout était calme, puis la lumière passa à l'orange, avant de laisser place à un texte, texte lui-même repris par une voix synthétique

Citation :
Attention, sortie de stase de personnel!
Nom : Roderick Waldman.
Statut : Propriétaire/Capitaine.
Motif : Fin de cycle d'extraction. Bienvenue à bord, capitaine.
La porte du module s'ouvrit en coulissant, libérant son occupant et un nuage de vapeur. Roderick fit quelques pas peu assurés, mais repris bien vite le contrôle de ses membres. Soudain, une partie de sa vision fut envie par des messages flottants et fantomatiques. Surpris, il fit quelques pas en arrière, puis se souvint de son interface neurale, de la noosphère et de tout le tintouin. Une chose était sûre : il détestait de plus en plus les mises en stase. Il avait l'impression, quand il en sortait, d'avoir du yaourt à la place du cerveau et les tympans crevés. Chose impossible, vu qu'il s'était fait poser des implants audiophoniques récemment, entre autres choses.
Roderick repris peu à peu le contrôle de son vaisseau, tout en se dirigeant vers son siège. Selon le journal de mission, ce cycle avait comme prévu duré trois ans, huit mois et cinq jours. Considérant les trois cycles précédents, cela faisait dix ans et deux mois du Calendrier de Nedghast qu'il était en mission de minage. Et ses soutes étaient pleines.



Lorsqu'il était parti à bord de son vaisseau, l'Atlas, il savait qu'il courrait un danger important. En effet, les Franges Extérieures n'étaient pas réputées pour leur hospitalité, ni pour leur sécurité - inexistante, cela allait sans dire. Aussi, Roderick avait-il vendu tout ce qu'il possédait pour s'acheter l'un des vaisseaux d'extraction les plus performants du marché. Doté de systèmes de minage, traitement et stockage entièrement automatisé et d'une batterie de drones de combat complète, ce vaisseau était l’investissement de toute une vie, bien plus que les différentes augmentations Hiérarques ou biotech-ajouts impériaux qu'il s'était fait poser, bien des années auparavant. Et cet investissement l'avait sorti de la mouise a plusieurs reprises.
La première fois, durant le second cycle, il fut sorti de stase en catastrophe lorsqu'un vaisseau refusant tout identification s'approchait à vitesse vertigineuse de lui. Ses implants lui sauvèrent très certainement la vie, lui permettant d'agir à la nanoseconde près et de faire quitter à son vaisseau la zone dangereuse, tout en activant les contre mesures, les tourelles et les drones. L'inconnu, sans aucun doute pirate, fut surpris de voir autant de puissance de feu sur une simple barge minière, et le fut encore plus lorsque les drones de combat le réduirent en charpie.
La seconde fois, il s'agissait d'un drone d'extraction qui nécessitait l'intervention de personnel humain d'urgence. Jamais les systèmes de réveil n'avait failli à leur tâche, qu'elle soit imprévue ou non.

Et cela allait payer. Car ce vaisseau, initialement prévu pour un équipage d'une trentaine de personnes, n'emportait que lui. Et il était plein à craquer de métaux rares et précieux. Prospecter seul dans les Franges Extérieures tenait selon les dires populaires, de la folie ou du suicide, mais Roderick savait que le culot payait ceux qui savaient en avoir suffisamment. Et aujourd'hui, c'était son tour. Il rappela tous les drones d'extraction encore en stand-by, attendis qu'ils soient arrimés, puis programma sa destination sur la Station Commerciale Orbitale hiérarque. Alors que son vaisseau s’apprêtait à effectuer son premier Saut depuis des années, Roderick mettait en place la suite de son plan. Avec l'argent qu'il se ferait à coup dûr, il pourrait acheter au moins deux autres vaisseaux comme le sien, équipage compris. Il lui suffirait de déclarer ses activités au Centre de Réglementation Minier de Pyrrhus afin de se faire délivrer un permis. Mais cela n'incluait de toute manière pas les Franges Extérieures, qui restaient une zone de non-droit. Il y retournerait sûrement, après avoir amassé assez d'argent pour investir dans une flottille industrielle et des mercenaires  privés.... Oui, l'avenir serait sans aucun doute des plus radieux.

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MessageSujet: Re: Les légendes de Nedghast   Ven 4 Oct - 13:14

Présentation de la République Fédérale Athonite

Partie I- Les origines



La République Fédérale Athonite tire son nom du Mont Athos sur Terre, aujourd'hui abandonné, où autrefois se réunissaient en communautés monastiques, ou en ermitages des moins de l'Eglise Chrétienne d'Orient. Après que la troisième guerre mondiale eut dévasté une bonne partie de la planète, et de sus ébranlé la Chrétienté, de nombreux membres de nationalités européennes décidèrent d'instaurer un système politique proche des fédérations amérindiennes, marquées par des populations fortement amoindrie, disposant de larges territoires, en permanente communication les unes avec les autres, liées par le commerce et l'entraide, ainsi qu'un système religieux commun.

En effet, et comme l'on s'en doute, la guerre et ses horreurs apocalyptiques furent marquées par un profond sentiment de néant et de vanité de toutes choses, de désespoir et d'ennui face aux choses du monde. Il fallait non seulement une foi qui put souder les humains et leur permettre d'espérer reconstruire un ordre nouveau, plus humain et plus juste, mais un système philosophique qui puisse permettre d'assurer à ce nouvel ordre une cohérence intellectuelle et une certaine idée de la grandeur humaine et morale. On s'y retrouva en revenant aux sources, au Christianisme des origines, à la promotion d'auteurs comme Saint Thomas d'Aquin...ainsi, Russes, Allemands, Serbes, Grecs, Français, Italiens, Espagnols, gens des Balkans et du Caucase, établirent les bases de ce que serait la République Fédérale Athonite : la Fédération Chrétienne d'Europe, qui se construisit sur l'ancien continent, et, tandis que les autres populations de la Terre qui avaient survécu prenaient la direction de l'espace, ils tentèrent d'établir un nouveau paradis sur terre dans les rares zones qui avaient échappé à l'irradiation.
Comme les premiers chrétiens se réunissant dans les catacombes, les fédérés durent néanmoins se réfugier dans les entrailles de la terre, et leur civilisation devint principalement troglodyte et souterraine. Dotés d'une technologie de pointe, issue du fait qu'aucune armée n'était jugée nécessaire, ils purent consacrer tous leurs efforts à la recherche en vue de décontaminer la planète, dévastée par le nucléaire.

Est-il besoin de dire que, malgré tous leurs efforts, leur entreprise échoua ? Du moins en partie. Seules quelques zones revinrent à la normale, le reste présentait toujours le tableau d'un cauchemar post-apocalyptique invivable. C'est pourquoi l'on en vint, après les autres terriens, à la triste nécessité de bâtir des vaisseaux capables d'envoyer la population fédérale dans l'espace à la recherche de nouveaux mondes. Cela se fit en l'an de grâce 2095 après Jésus Christ, le 9 Juillet, point de départ de ce qu'on appelle en RFA la Tension, car l'on vivait ce drame très religieusement. L'on avait baptisé le premier vaisseau Pascal à cause de cette citation célèbre du philosophie français qui s'appliquait bien à la situation : " Le silence éternel de ces espaces infinis m'effraie".

Cette nation de philosophes connut ainsi son premier départ vers le néant étoilé, et le voyage fut particulièrement long et pénible pour cette flotte expéditionnaire, car on découvrit que de nombreux mondes avaient été colonisés par leurs prédécesseurs terriens ou par des races étranges et hostiles, le convoi subit plusieurs attaques, et connut l'apparition de nouvelles maladies liées au voyage dans l'espace, qui n'avaient pas été prévues. En effet, l'on n'était plus en contact avec les autres populations de la Terre qui étaient parties, et les effets du voyage spatial de masse, malgré de nombreuses conjecture, restaient inconnus, malgré toutes les précautions prises pour limiter les dégâts. Ainsi, l'on avait prévu large pour la nourriture, les vaisseaux géants qui composaient l'Expédition du Salut, ainsi qu'on l'appela, reproduisant dans certaines de leurs parties de véritables écosystèmes crées artificiellement, l'on y élevait toutes les créatures qui pouvaient être utiles et qui avaient survécu à une guerre qui ravagea 75% des espèces animales terriennes.

C'est ainsi qu'après un certain nombre de pertes, l'Expédition arriva sur un monde fait de montagnes, de lacs et de prairies, une planète un peu plus petite que la terre, composée de moins de mers et océans, et doté de trois continents. Les réserves de carburant étant dramatiquement basses, et les drones envoyés ayant révélé la présence de tous les matériaux nécessaires à leur renouvellement, l'on décida de faire de ce monde la première colonie fédérale.


Les lecteurs auront compris que ce monde de hauts reliefs était destiné à porter le nom de l'ancienne île grecque que certains appelaient autrefois le Lhassa des chrétiens, et à devenir la capitale de la RFA. Cette dernière mit cinq ans à y installer tous les matériels de montages et de construction des ateliers préfabriqués nécessaires à son économie, de petites corvettes firent tout ce temps la navette entre le monde et la flotte en orbite pour son ravitaillement. L'on réussit à y faire cohabiter les espèces terriennes avec les nouvelles formes de vie découvertes sur Athos, mais non sans mal. La cohabitation mit en effet un siècle et demi avant de se réaliser parfaitement, et l'on dut entretenir en permanence des colonies d'élevage sur la lune habitable d'Athos, baptisée Basylica, en hommage à Saint Basile, mais aussi aux complexes religieux qui s'y élevèrent, et qui dépassent en magnificence les premiers monastères sobres et austères qui furent construits sur Athos, et qui rappelaient les constructions du Mont Athos originel.

C'est ainsi que s'édifia peu à peu la République Fédérale. Marquée par une forte présence de populations slaves de la Terre, sa culture est globalement marquée par des influences russes, polonaises ou ukrainiennes ( les cosaques existent par ailleurs toujours). A elles seules, ces anciennes nationalités constituent l'origine de 55% de la population athnonite. Le reste de la population compte en grande partie des allemands, le reste se partageant entre balkaniques, slaves et latins. Sa religion s'axa peu à peu autour de philosophes et figures religieuses orthodoxes, dont Nicolas Berdiaev, dont certains passages sont appris par coeur par les enfants des écoles. En effet, la République comporte ce que d'aucuns pourraient appeler un véritables formatage idéologique et dogmatique, mais que les athonites appellent la tradition d'excellence. On forme intellectuellement les jeunes très tôt à l'étude des grands textes religieux, des commentaires, et des philosophes estampillés par la RFA, dans un système très communautaire où la propriété et l'usage de l'argent, ainsi que nous le développerons plus loin, sont réduits au minimum...pour la population.

Voici trois extraits du philosophe russe Berdiaev issus du manuel scolaire que les jeunes adolescents doivent se taper apprendre :

"La véritable liberté de la conscience religieuse [...] s'affirme non pas seulement dans l'isolement d'une personnalité autonome qui proclame son individualité, mais bien au contraire [...] dans une personnalité supra personnelle en l'unité de l'organisme spirituel, du corps du Christ, autrement dit de l'Eglise."

"La venue du Christ a une importance cosmique et cosmogonique ; elle signifie pour ainsi dire une nouvelle genèse, une nouvelle journée de création [...] L'idée centrale de la patristique orientale fut l'idée de la "Théosis", c'est-à-dure de la divinisation de l'homme et de tout l'univers crée. Le salut n'est rien d'autre qu'une divinisation et cette divinisation implique le cosmos entier."

"L'orthodoxie sépare nettement le divin de la nature, le royaume de Dieu du royaume de César [...] L'énergie divine agit dans l'homme d'une façon cachée. On ne peut pas dire du monde crée qu'il soit divinité ni même qu'il est divin, de même qu'on ne peut pas dire non plus qu'il soit en dehors du divin. Dieu et la vie divine ne ressemblent en rien au monde créé et à la vie naturelle, et on ne peut établir ici aucune analogie. Dieu est infini ; la vie naturelle est finie et limitée. Mais l'énergie divine déborde dans le monde naturel, agit en lui et l'illumine."

Nous avons choisi ces trois passages car ils sont représentatifs du formatage de la formation philosophie que reçoivent les jeunes et de la doctrine athonite officielle.

A suivre...


Dernière édition par Klymenos le Sam 5 Oct - 9:20, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Les légendes de Nedghast   Ven 4 Oct - 22:24

HRP: Je sais, double post, mais comme cette section a me semble-t-il, une vocation plus ou moins encyclopédique, je me suis dit que ça passait...si problèmes, voir par MP.

Quelque part dans les limbes, Zeugma demeure dans son mystère...


Le complexe hospitalier Zeugma se situe aux confins des secteurs connus. Il tire son nom du grec ancien ζεῦγμα / zeûgma, « joug, lien », ce qui est pour certains d'un humour douteux, en vue de la rigueur de règle en son sein, qui atteint parfois la psychorigidité, voire le véritable despotisme. La confrontation des humains ( qui constituent la majorité des patients du complexe, à hauteur de 60% ) avec les races xénos, à de nouveaux environnements, parfois radicalement différents des anciennes conditions de vie terriennes, et dues à la confrontation avec les conditions spéciales d'existence qu'impose le séjour prolongé dans l'espace, ont donné lieu à de nouvelles maladies mentales. Ces dernières, totalement inconnues de l'ancienne psychiatrie terrienne, ont entraîné une redéfinition importante par les spécialistes inter-mondiaux de la vocation même de la discipline, et ont contribué à renforcer la théorie qui veut que les conditions sociales et environnementales jouent considérablement sur la construction du psychisme des individus, égalant voire surpassant les conditions de vie et de développement au sein de la famille.

On assista donc au tournant du XXIIème siècle à un dépassement de la psychiatrie freudienne et jungienne, s'axant l'une sur l'Oedipe et la relation de l'enfant aux parents et à son entourage familial proche, et l'autre sur la psychologie des profondeurs, science du psychisme profond, qui se proposait l'investigation de l'âme humaine, en vue d'en dégager des figures symboles, les archétypes, rythmant la vie intérieure. La découverte de ces derniers et la façon dont l'individu se situe par rapport à ses eux, ainsi qu'à la part de féminité et de masculinité en lui, la part d'extraversion et d'introversion, devaient permettre la compréhension par l'intérieur du développement du psychisme et de la personnalité, et soigner les malades par la mise en évidence, dans ces cas de figures, de déséquilibres, ou d'incohérences dans la construction par l'individu de ses repères mentaux par rapport à ces figures archétypales.

Ces notions de psychanalyse ont toujours été fortement critiquées en RFA, qui clame que la psychanalyse n'a rien fait que de se cadrer, pour ses meilleurs auteurs, sur la compréhension profonde de la vie de l'âme dont témoignent les écrits des saints et des théologiens et philosophes. Rien n'est proclamé par les psychologues qui n'avait déjà été dit et compris il y a bien longtemps. Le rôle de la psychanalyse était, pour ces gens, de flouer l'apport des grandes figures religieuses à la compréhension de l'Homme par lui-même.

Les intellectuels athonites pointaient le doigt sur des problèmes qui s'avéraient pressants : l'adaptation de l'Homme, qui commençait à peine sa grande aventure spatiale, sur les nouvelles conditions socio-environnementales générées par les voyages dans l'Espace, la découverte de nouveaux mondes et de nouvelles formes de vie. Ils établirent une nécessité de se référer à la façon dont les xénos s'étaient depuis longtemps habitués à ces nouvelles conditions d'existence, qui remettaient clairement en question nombre de présupposés établis par la philosophie humaine. La confrontation avec ce changement, permanent pour certaines personnes, donna naissance à de nouvelles formes de psychoses et troubles de la personnalités, voire de démence mystique, dont on avait vu la renaissance depuis la terrible Troisième Guerre Mondiale : florescence de sectes, hédonisme apocalyptique et désabusé à vocation religieuse, fusion dans le Grand Tout, des psychotiques ne pouvant s'empêcher de se perdre dans la contemplation des nébuleuses, et se perdant eux-mêmes par cet excès de passivité admirative et rêveuse. Pensant y voir la pensée de Dieu, ces gens se perdirent en conjectures spécieuses, voyant un message dans les nuages de gaz comme autrefois les augures dans le ventre d'animaux sacrés ou dans le vol des oiseaux.
Le Syndrôme du Vide fut répertorié par les psychiatres humains dans les années 2220, et consistait, pour certains, à se jeter tout simplement dans le vide sidéral, dont l'immensité et le caractère humain semblaient pour les malheureux figurer le caractère énorme et inconnaissable de Dieu, auquel on allait, ou plus exactement retournait par cette forme de suicide.
A bien des égards, cette gigantesque plongée dans l'inconnu rendit les hommes, soit plus enthousiastes que jamais, soit plus angoissés, timorés, névrosés, voire schizoïdes, et parfois les deux. Crise générale des psychoses en envol : bipolarités, schizophrénies, maladies bien connues, se développèrent, la distance entre les hommes du fait de l'immensité spatiale et des problèmes primordiaux de communication entre les mondes fit que jamais on ne s'était senti si seul, et que l'on ne l'avait jamais aussi mal supporté.
Tant que les hommes étaient restés sur Terre, ignorants d'autres formes de vie intelligente, et ne faisant que spéculer et fantasmer sur les xénos et l'immensité spatiale, ils se contentaient de ce que leur proposait la vie sur leur planète, qui était déjà pleine de problèmes.

Cependant, ceci changea du tout au tout : comme si l'immensité cosmique dont on prit une conscience très aïgue avait abouti à un relativisme général et à un désespoir complet : prise de conscience de la petitesse de l'Homme face au Néant ( explosion de mouvements, politiques et artistiques, nihilistes ), et du caractère, pour certains, relatif, des normes humaines les plus primitives et générales, au vu de la conduite différente, et souvent incompréhensibles des formes de vie xénos.
C'était comme, proposa un auteur athonite, si l'Humanité toute entière s'était retrouvé dans les abysses terriennes : elle fut confrontée à des choses aussi bizarres, étranges, et inhumaines que les créatures et phénomènes qu'on y observait, avec la même part angoissante d'inconnu, voire de cauchemar permanent.

Aggravation des troubles mentaux, véritables pandémies mentales, sectes se lançant dans des suicides collectifs consistant à se jeter en masse dans le vide stellaire, naissance de nouvelles maladies mentales : tels étaient les problèmes auxquels étaient confrontés l'Humanité. Le caractère envahissant de ces nouveaux venus fut tout aussi difficile à vivre pour les aliens confrontés à un nouveau mode de pensée aussi inhabituel que de caractère missionnaire et/ou pandémique. Le capitalisme effréné de certaines sociétés bouleversa autant ces régimes vénérables, que l'introduction de l'opium en Chine par les firmes anglaises put bouleverser l'ancestrale civilisation chinoise.

De nouvelles solutions, scientifiques, politiques et religieuses, plus ou moins fructueuses, furent adoptées pour résoudre ces nombreux et importants problèmes : le Complexe Zeugma, que certains, ironiquement , appellent "le Camp", ou encore "le Mouroir",  est une de ces solutions.

A la base tentative faite par des religieux athonites, par la création d'un complexe à vocation monastique, à recueillir les égarés, les boiteux de l'esprit, et de leur donner une seconde Vie par l'enseignement de la religion, la tempérance et la prière, ainsi que par le travail manuel, il fut vite accaparé par un obscur groupuscule dont le nom n'a pas percé, pour révolutionner ce complexe : les religieux furent chassés, certains disent qu'ils furent mêmes enlevés et/ou tués. Certains conspirationnistes prétendent mêmes qu'ils furent retournés et renvoyés en RFA dans des intentions malsaines visant sans doute à infiltrer le clergé athonite, voire discréditer la République, en proclamant des hérésies de par cette région de la galaxie, en les proclamant idéologie officielle athonite.
Fondé à la base en l'an de grâce 2260, sa vocation première fut trahie vingt ans après sa fondation. Le secret plane autour du complexe Zeugma : peu d'informations en sortent. On ne sait pas ce qui arrive aux gens qui sont envoyés là-bas, ni les théories psychiatriques qui guident les médecins qui y pratiquent. Comme souvent en pareilles occasions, des rumeurs concernant d'abominables expériences, des tests de manipulation psychologique courent à propos du Complexe, renforcés par un caractère lucratif et capitaliste certain de l'endroit, qui reçoit d'importantes subventions, d'après les rumeurs, d'entreprises interstellaires. Volonté de pratiquer dans ce laboratoire géant, à l'échelle d'un pays, les pratiques de vente, de soumission psychologique, économiques et sociopolitiques de demain ? Lieu d'expérimentation révolutionnaire tenu au secret du fait de la nécessité d'y développer une nouvelle psychiatrie qui permette d'accéder enfin à la guérison de l'Esprit Humain ? Manipulation idéologique en vue de vanter les mérites de la psychologie en face de la Religion, et de disqualifier cette dernière dans sa prétention de guérir les âmes ?
Comme toute enquête y est rigoureusement interdite, et que les chefs du Complexe Zeugma semblant avoir des amis puissants parmi les milieux de l'entreprise et de la politique, ainsi que des médias interstellaires, on n'est pas prêt de le savoir...


Génor Youdalev, journaliste à l'Entre-mondes. a écrit:
Tout ce que l'on sait, est la proportion de xénos et d'humains, quelques noms de directeurs par-ci, par-là, la publication de certaines règles qui donnent une idée très claire des conditions de vie rigoureuses et tyrannique qui y règnent.
Le complexe gère ainsi 850 000 patients de toutes origines[...]
Reste de l'article rédigé par le journaliste, la quasi-totalité en ayant été piratée et supprimée par une source, bien sûr, inconnue. La plainte lancée par celui-ci le 12 Avril 2305 étant restée en l'air, et le dossier finalement classé.


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MessageSujet: Re: Les légendes de Nedghast   Sam 5 Oct - 12:38

HRP : Même remarque qu'à mon premier post. Mea maxima culpa si ça dérange. N'hésitez pas à me le dire si ça fait boulet, j'arrangerai ça dans les règles.

Présentation de la République Fédérale Athonite

Partie II - L'organisation sociale et politique


La RFA, nous l'avons dit, est une nation fortement empreinte de religion chrétienne, et les rites traditionnels et millénaires du christianisme y sont toujours en vigueur. Néanmoins, si l'on fête, par exemple, toujours Noël, Pâques, et les autres jours fériés chrétiens, quelques changements ont été appliqués suite au concile Vatican III qui s'est déroulé d'Automne 2183 à l'Hiver 2185. En effet, il y a également, bien que la foi orthodoxe soit la foi officielle de la République, nombre de catholiques parmi la population d'origine latine et polonaise, et qui, prenant contact avec les survivants de cette obédience dans la Galaxie, ont abouti à la nécessité d'un nouveau Concile. Or, certaines des mesures prescrites par lui ont été adoptées par le clergé orthodoxe, car chez les chrétiens, de toute obédience, on ne reconnaît qu'un seul baptême. Ce changement consiste en ce que le baptême se fait à l'âge adulte, et nécessite l'accord du participant. L'exorcisme qui est pratiqué par trois fois sur tous les nouveaux nés trouve ainsi à la fois sa répétition et sa conclusion : le premier consiste à chasser Satan du corps d'un enfant dont l'esprit n'est pas encore formé, et donc vulnérable, le second de celui d'un adulte qui est censé être un homme fait, libre, intelligent, et responsable, doué d'une pleine conscience du libre arbitre, et qui nécessite donc pour sa vie une protection contre un Satan dont les méthodes de corruption ne seront pas les mêmes que celles envers un enfant, moins subtiles et fugitives.

Cette double protection, et double initiation dans l'Eglise semblait ainsi plus adaptée aux changements radicaux liés à l'exploration spatiale : un homme adulte étant souvent, ainsi qu'on le remarqua, plus instable et déséquilibré qu'auparavant, on considéra qu'un baptême pratiqué dans la prime enfance et n'ayant marqué aucun souvenir, ni aucune signification profonde, ne suffisait pas, et manquait de sérieux. Et c'est vrai que l'on vit renaître, en tout cas en République, un renouveau de la foi qui se concrétisa par l'apparition de brillants théologiens atteignant parfois presque le génie d'un Saint Thomas d'Aquin ou de Saints approchant un Saint François d'Assise, et d'une foi populaire égale à celle des meilleurs époques du Moyen-âge. Cette plongée dans la nuit éternelle des espaces froids de la Galaxie fit d'ailleurs supposer à certains spécialistes et historiens que l'époque actuelle pouvait se voir dénommer le Nouveau Moyen-âge : dans la République, en effet, le traumatisme causé par la Troisième Guerre mondiale renvoyait à celui causé par la chute de l'Empire Romain et par les invasions barbares. Même période de chaos, de destruction de toutes les normes et valeurs ,d'anarchie et de terreur. Et même reconstruction de la société sur des bases solides, des valeurs fortes, sur une religion cohérente et prenant le flambeau, groupant les hommes autour d'elles, et les protégeant parfois physiquement. Il y avait en effet corrélation entre ces deux situations, et le clergé athonite se vit doté d'un nouveau pouvoir politique et social que le christianisme avait perdu durant l'époque moderne.
Néanmoins, ces clercs étaient fidèles à la parole du Christ et critiques envers une Eglise trop proche du monde et ayant trop de pouvoir. C'est pourquoi ils décidèrent de s'en délester, tout en ne froissant pas le peuple qui leur avait donné sa confiance, en s'alliant avec les pouvoir séculiers, dans la reconstitution du modèle byzantin, et plus tard russe, c'est-à-dire une union politique des laïcs et des clercs. Concrètement, cela signifiait que l'Eglise athonite avait un droit de regard sur la politique républicaine, nommait seule ses clercs, et avait l'administration entière des communautés monastiques qui devaient répondre à elle seule et non à l'Etat Républicain. Le patriarche de l'Eglise d'Athos se vit ainsi confier un puissant pouvoir spirituel, semblable à celui des ayatollahs dans l'ancien Iran des XXème-XXIème Siècles. D'aucuns prétendant encore que le véritable pouvoir, pour cette raison, était dans la main du patriarche.

Ceci nous permet d'aborder le niveau politique en lui-même. Après, viendra l'organisation sociale en tant que telle de la République, et celle de la vie de l'individu.

Organisation politique

La République, comme son nom l'indique, est un régime démocratique et fédéral. Il est marqué par un éclatement des populations et des centres politiques, si bien, qu'à part Athos, la planète la plus peuplée et dotée d'un patrimoine culturel, historique et religieux qui en fait de facto la capitale, il n'y a pas de monde surpeuplés, dotés de villes interminables et monstrueusement compliquées à gérer dans la République. Ces mondes sont divisés en communautés de quelques milliers, voire parfois quelques dizaines de milliers de personnes, relativement distantes les unes des autres afin de garantir pour chacune un espace de vie suffisant. La République est ainsi une nation qui nécessite une réelle extension, encore qu'elle soit loin d'être la plus peuplée  du secteur Nedghast. Elle connaît néanmoins, à cause d'une vie familiale intense et encourageant la procréation, un des plus forts taux d'expansion démographique, ce qui nécessite la construction de communautés spatiales fort étendues. On limite ainsi les risques de guerre, le vide intersidéral permettant la mise en place de toutes les colonies que l'on veut. Notons cependant qu'elles sont toutes situées en orbite de planètes, à la différence de certains centres hospitaliers, de relais, ou militaires, flottant dans le vide, situés à la croisée des routes stellaires.
Ce système ultra-représentatif veut que chacun ait droit à exprimer son opinion sur les problèmes sociaux qui le préoccupent, par de fréquentes réunions sur les places communales, et par un sens civique très prononcé due à une vie démocratique intense. Les républicains ( la dénomination "athonite", du fait de sa connotation religieuse, a du mal à passer à l'étranger, qui ne veulent pas faire l'amalgame entre le clergé et la population. A tort, car pour cette dernière, la question ne se pose pas. ) sont ainsi connus pour leurs disputes viriles dans ce secteur de la Galaxie, ce qui leur donne d'extérieur un caractère très revendicatif, sans être pour autant le moins du monde teinté d'individualisme. En effet, la mentalité républicaine est très communautaire : chacun se sent membre d'un Tout religieux et social qui le dépasse, et qui est supérieur à la somme de ses parties. Tout dynamique, et non pas statique, et dont la survie est lié à la qualité de la vie civique, que les républicains défendent comme un droit sacré. Sur les chaînes de vision locales et nationales, les débats occupent ainsi une vaste place, afin que les citoyens soient en permanence informés de leur évolution, et puissent intervenir.

En effet, lors d'un débat télévisé, un défilé de questions est préparé par les visionneurs ( on a biffé spectateur du vocabulaire républicain s'appliquant au domaine des médias, nous développerons ce point plus loin) pour nourrir le débat entre les participants. Cela fait penser à un certain désordre, mais ce système est en fait très bien ficelé et laisse la part belle à l'expression de chacun tout en permettant une grande cohérence dans les débats. La politesse est ainsi considérée comme une vertu civique fondamentale, et les athonites ne méprisent rien tant que quelqu'un qui interrompt quelqu'un d'autre lors d'un exposé.

Ainsi, la vie démocratique est marquée par un système de poupées russes, comme l'on s'en doute : la vie républicaine est remplie d'élections, on en compte officiellement une dizaine en RFA. D'un niveau local à un degré de représentation de plus en plus étendu, jusqu'à l'élection d'un président élu pour six années, dont le pouvoir et l'éventuelle capacité de nuisance est limitée : c'est plus un gestionnaire et un représentant qu'un décideur, d'autant plus que le Patriarche d'Athos a sur lui un droit de regard et de remontrance. Population dynamique, soucieuse de sa liberté, du fait sans doute d'une mentalité de colon plus marquée qu'ailleurs, chaque communauté prend la majorité des décisions qui la concerne, en en référant plus haut, mais avec une marge de manœuvre assez impressionnante.

L'organisation militaire s'en ressent :  elle est ainsi divisée entre une armée permanente et un système de service que nous développerons plus loin, qui fait que chaque communauté a sa propre milice, en plus des troupes régulières, et qu'elle entretient, arme et entraîne, plus ou moins à sa guise, en respectant les quotas de limitation, de cohérence et d'entraide, qui lui imposent que sa milice puisse se mouler dans un cadre plus large, planétaire ou inter-mondial, par exemple, lui permettant d'assurer plusieurs tâches. La polyvalence, est ainsi une vertu imposée non pas seulement à l'AR ( Armée Républicaine ) mais aussi aux milices.

Organisation sociale et vie de l'individu

Du fait que c'est un système à la fois démocratique et religieux, la vie en RFA repose beaucoup sur des rites d'initiation. Outre l'exorcisme de naissance et le baptême et la communion, on a ainsi un premier degré d'initiation à la vie civique, religieuse et aux armes, qui est imposée aux enfants à leur entrée dans l'école. Puis un second, à l'entrée à l'école supérieure, puis encore à l'école finale, un autre à l'université précédant le service militaire et civil de quatre ans.

On a ainsi une préparation d'un mois précédant chaque rentrée scolaire. L'école en elle-même cultive une tradition rigoureuse d'excellence, et tient à appliquer un enseignement complet, large et profond à la fois destiné à faire de chacun un Homme, bon à toutes les tâches, d'esprit vif et rigoureux, et non pas un spécialiste cloisonné dans son domaine comme on en voit trop, du fait de la division du travail et de la différenciation du travail, dans certains mondes. Ce modèle peut paraître dur à suivre, mais la formation débutant très tôt, et se terminant assez tard, elle peut s'étaler sur les années, sans stress particulier due à la nécessité de boucler les programmes. En effet, habituellement l'école commence à cinq ans, se termine à vingt, suit le service de quatre ans, autrement dit l'on débute l'université à entre 24 et 25 ans. Ce système permet une formation humaine la plus complète possible. La rentrée sur le marché du travail n'est pas la préoccupation première : les tâches usuelles et répétitives sont fournies par des androïdes à l'intelligence limitée. Il n'y a pour ainsi dire, d'ailleurs, pas de réel marché du travail : l'économie est florissante car chaque communauté produit par elle-même la majorité de ce dont elle a besoin, une forte population robotique est attelée à l'industrie. Ainsi, chacun a plus ou moins la possibilité de faire ce dont il a envie, en tant que profession. Le service est ainsi divisé en trois ans de service militaire, préparant lui-même à un métier, et par un service civil qui dure un an, est marqué par un séjour dans l'administration, et par la suite de l'apprentissage du métier commencé durant les trois ans.
Même si la profession que les jeunes choisissent plus tard n'a plus rien à voir avec le métier appris durant le service, chacun dispose ainsi d'une réelle polyvalence : il n'y a pour ainsi dire pas de mécaniciens ni plombiers, car dans un couple, chacun sait plus ou moins bricoler. Tout le monde sort également du service avec un permis de conduire et de vol asserté. Construire sa propre maison n'est pas un problème pour un républicain. Le sens de l'entraide, issu de l'interdiction dogmatique et religieuse de tout comportement individualiste, fait que celui qui a des lacunes dans un domaine se fait aider par un autre qu'il peut lui-même aider dans un domaine où ce dernier est lacunaire.

Ce système pourrait laisser croire à une situation quasi utopique. Il n'en est, par bien des aspects, pas éloigné, mais ne jugeons pas trop vite et parlons de la justice. Cette dernière, en RFA, peut être le point où le bas blesse : sans être expéditive, ce qui dans un tel système ne serait pas possible, elle est brutale. Les républicains, sous leur douceur et leur amabilité apparente, cachent une grande capacité de violence, due à un passé tourmenté, et quiconque enfreint certaines règles est puni plus durement qu'ailleurs. Ainsi, si le vol est légèrement puni, il l'est beaucoup plus si il a été commis avec violence.

Les actes de meurtre, torture ou viol sont punis avec une violence qui va jusqu'à la cruauté : châtiments corporels et exécutions sont de mise, et un code de l'honneur que chacun apprend dès son plus jeune âge fait, cas unique dans la Galaxie, qu'il existe des punitions violentes pour quiconque frappe quelqu'un à terre, ou dans le dos, ou même à plusieurs sur un seul. On considère en effet que celui qui se considère ainsi n'est plus un homme mais un animal, et que pour dégrader ainsi sa propre nature, il doit être puni.

Comme nous avons eu l'occasion de le mentionner, l'équivalent, au XXIVème siècle, de ce que les gens des XXème et XXIème siècles appelaient la télévision, est fortement limité par la juridiction républicaine, et se limite aux débats, documentaires, et informations utiles. L'équivalent de complexes de divertissements et de parcs d'attraction stellaires ou planétaires que l'on trouve ailleurs n'existe pas en RFA, qui y voit un obstacle au libre développement par l'enfant de son imaginaire. Haïssant ce qui ressemble de près ou de loin à du capitalisme, ou à une industrie du secteur tertiaire, à de la marchandisation des corps et des esprits, on n'y trouve pas de programmes de divertissements, que les athonites trouvent particulièrement débilitants. Ils y voient un formatage des esprits intolérable. C'est pourquoi l'on reproche parfois sur les grandes chaînes du secteur Nedghast, à la RFA d'être une nation particulièrement rigide et ennuyeuse, ce qu'elle n'est bien sûr pas du tout. C'est par une volonté humaniste de laisser à chacun le libre développement de sa personnalité et de son imaginaire que l'on interdit ces centres d'abrutissement, qui fleurissent dans le secteur depuis des siècles. L'usage de banques y est presque inconnu, étant réservé occasionnellement aux échanges commerciaux, aux particuliers venant de l'étranger, et à l'Etat républicain, ainsi qu'à l'industrie. Les banques républicaines servent ainsi d'aide ponctuelle à l'économie athonite, et font l'objet d'une surveillance quasi tyrannique, qui limite l'implantation de sociétés étrangères, ce qui est le but recherché. L'économie de la RFA est en effet particulièrement protectionniste, et le credo y est de vendre le plus et d'acheter le moins possible aux autres mondes.
Ceci fait de la RFA, où le capitalisme est extrêmement mal vu, voire persécuté, une nation stellaire quasi autarcique, et un bien mauvais client pour les sociétés étrangères qui ont lancé plusieurs attaques économiques, informatiques, contre la République, et des campagnes de propagande qui ont donné lieu à une certaine tension entre elle et d'autres nations auxquelles appartiennent les dites compagnies. Les républicains n'ayant ainsi pas hésité à perpétrer des attentats contre les sièges de ces sociétés, en guise de représailles "d'actions d'infiltration et de propagande économiques".
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MessageSujet: Re: Les légendes de Nedghast   Ven 11 Oct - 21:08

HRP: Puisque personne ne se formalise de ces posts d'affilée, j'en profite et vais faire une tentative pour animer ce forum.

Quelque part dans les Franges Extérieures, secteur Alpha-Hypérion 8652-35, Intercepteur Xénophon

Willos Madré n'en était pas à son coup d'essai. Cela faisait maintenant trois mois qu'il était en chasse et la chance lui avait enfin souri. Chasseur de prime de son état, Le Madré qui, selon sa propre opinion, portait son nom à merveille, en était, à 34 ans, à sa centième prise, et comptait bien fêter ça comme il convenait.
Ayant grandi dans une famille aisée de la Hiérarchie, Willos avait été bercé comme tous les enfants par des récits de piraterie, corsaires de l'espace, ou par les exploits de leurs prédécesseurs terriens, qui d'ailleurs relevaient plus, ainsi que tout adulte du secteur Nedghast se le représentait, pour de la légende et des mythes qu'autre chose. Ces échos lointains avaient pourtant éveillé en la personne de Willos un goût du voyage et de l'aventure que n'encourageait pas sa famille platement et désespéramment bourgeoise.


L'âge venant, il attendit avec grande hâte son entrée au service militaire et de se voir confier un poste qui correspondrait le plus avec ses rêves d'enfance. Il fut proprement déçu. Doué, pour son malheur dans un premier temps, d'un don pour la mécanique, il passait ses journées à réparer des vaisseaux, à scruter des moteurs, et graisser des armes, et quoique cela lui ait énormément servi plus tard, il dut pour l'heure supporter les railleries et les engueulades de l'affreux hybride mi-homme mi-machine qui lui servait de chef, qui de plus, le harcelait sexuellement, en lui demandant régulièrement de lui astiquer les boulons qui constituaient la majorité de sa corporéité sub-ceinture.
Ayant décidé après deux ans que trop c'était trop, Willos réussit à mettre les voiles, et, grâce à l'argent que ses parents lui versaient chichement, réussit à modifier par la corruption la totalité des registres consignant ce qu'on pourrait appeler son état civil, changea d'identité, se refit une allure en achetant des vêtements de loubards, et décida de s'encanailler dans les bas-fonds. Après moult mésaventures, plusieurs passages en prison, autant d'évasions, et quelques castagnes bien senties qui achevèrent de le rendre méconnaissable, il se fit un nom dans le milieu glauque des chasseurs de primes. Bardé de cicatrices et de rides qui vieillissaient prématurément son visage et lui donnaient 10 ans de plus, il avait pourtant conservé malgré les difficultés une allure svelte et vivace, beaucoup d'agilité physique et mentale, et une débrouillardise à toute épreuve. Ayant rompu avec sa famille, qu'il n'aimait pas, déclarant que la confrérie des chasseurs était sa vraie famille, il vivait sans attaches, tout consacré qu'il était à sa mission entre deux passages aux bordels, ou aux boîtes de nuit dans les périodes maigres. Il fallait bien se refaire une santé.

Lorsqu'il avait accepté la prime qui se rapportait au chef pirate ork casse'Gueule, il avait été pris d'une excitation presque infantile, qui ramenait à ses souvenirs d'enfance, où il se voyait toujours chasser ce genre de malandrins à peau vertes et ramener leurs mâchoires protubérantes à la maison en guise de trophée. N'ayant aucune expérience de la chasse aux orks, qui était pourtant l'une des plus simples, il avait accepté la mission avec enthousiasme et s'était aventuré dans les confins du secteur Nedghast, à la recherche de cette bande de maraudeurs orks, issus de la dernière Waaaagh ! manquée et néanmoins dévastatrice qui avait ébranlé les nations se partageant le secteur.

Ayant eu les moyens de recruter quelques androïdes pour sa chasse, qui rempliraient son vaisseau, l'aideraient sans lui poser de questions, et étaient programmés pour combattre et non pour avoir la notion d'intérêt propre, il était assuré de n'être pas trahi et en même temps équipé pour un combat qui s'avérerait rude. Cette chasse lui permettrait d'assouvir un goût de la lutte trop longtemps frustré par les sophistiquées manœuvres qui présidaient au repérage et à la traque de la plupart de ses victimes. Un combat rustre, bien bête, de l'action, c'était ce qui lui fallait.

Il ne fut pas déçu et manqua d'y rester. La vingtaine de maraudeurs qui formait la bande, organisés autour d'un Martopilon ork, une espèce de corvette faisant office de vaisseau amiral pour le groupe, lui avait donné du fil à retordre, et il lui avait fallu sacrifier tous ses droïdes, qui s'étaient battus pour résister aux abordages des Durs à Kuir, ainsi que s'était nommée la bande sans aucune originalité.
Willos lui-même avait été blessé deux fois, dont une entaille sévère au tibia due à un mauvais coup de tronçonneuse ork. S'étant fait soigner tant bien que mal par le droïde infirmier du vaisseau, il lui fallait cependant trouver le plus proche endroit contenant à la fois un hôpital et un centre de détention. casse'Gueule était là, dans son Intercepteur, ancienne corvette puissamment réaménagée, dotée de cinq tourelles automatiques, de deux batteries de lance-missiles, et d'un bouclier qui cependant, était désormais réduit à zéro.

Enchaîné, et endormi, tandis que Willos n'en revenait toujours pas d'avoir réussi à le neutraliser, le pirate ork croupissait dans la cale tandis que le Xénophon se traînait lamentablement. Ses senseurs ayant été particulièrement endommagés suite au combat furieux contre les orks, il devait s'en remettre à ses vieilles cartes pour passer de système en système, au lieu d'un système de navigation bien plus commode. Il errait pour ainsi dire à l'aveugle, et c'est dans ces conditions qu'il arriva dans cet endroit désolé des Franges Extérieures. Son vaisseau cabossé ne marchant qu'à moitié de sa puissance initiale, Willos commençait à perdre patience et sa nervosité se ressentait aux tics qui agitaient sa face burinée.
Impatient, il prit soin de regarder attentivement autour de lui et d'examiner tout ce qui lui tombait sous les yeux. Astéroïdes, anciennes mines désaffectées, l'endroit semblait plus un repaire de contrebandiers, de traficants et de pirates qu'autre chose, comme il en grouillait dans ces endroits. Maudissant cette partie du secteur d'exister, il convint que l'endroit ne présentait aucun intérêt lorsqu'un voyeur rouge s'alluma d'un coup, et fit retentir un léger sifflement, signe d'une présence non loin. Suant à grosses gouttes, Willos s'attendit à une attaque de pirates profitant de sa faiblesse, et prit soin d'activer les dernières batteries et tourelles automatiques encore à disposition pour lui assurer une défense. Attendant quelque peu, et ne voyant rien venir, il fit faire un détour à son vaisseau en recherche de celui qui provoquait le signal. Maraudant un moment, il finit par repérer, tandis que l'alarme s'emballait, signe qu'il se rapprochait de la source émettrice, une espèce de barge de récolte minière qui s'apprêtait visiblement à sortir du système.

Saisissant là l'occasion de demander l'aide dont il avait cruellement besoin, ou du moins, avec un peu d'espoir, de retourner en milieu civilisé, il fit faire quelques calculs à ce qu'il restait de son boîtier de voyage inter-secteurs pour qu'il se cadre sur les coordonnées de sorties de l'étranger. En même temps, il tentait d'établir la liaison avec ce dernier. Si il ne parvenait pas à se faire remarquer de lui, peut-être du moins, pourrait-il le suivre...Cette barge devait être pleine et en train de retourner vers sa base pour décharger sa cargaison. Il trouverait sans-doute là-bas tout ce dont il avait besoin...
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MessageSujet: Re: Les légendes de Nedghast   Sam 12 Oct - 17:19

A bord du vaisseau d'extraction Atlas, environ une minute avant le Saut.

Alors qu'il s’apprêtait à effectuer son saut vers la Hiérarchie, Roderick fut interrompu par les alarmes de proximité, et, presque de suite après, par un message ressemblant terriblement à un appel à l'aide. Le message, brouillé, ne parvint jusqu'à lui qu'en onde sonores, et encore, de très mauvaise qualité. Mais Roderick avait pu saisir l'essentiel. Aussitôt, il braqua tout ses senseurs sur l'intrus, mais n'interrompis pas pour autant sa manœuvre de saut. Il ne pouvait pas savoir ce qui allait lui tomber dessus. Qui sait? Cela était peut-être un SOS bidon pour le prendre par surprise?
Aussi, suivant les règles de vol inter-spatiales, Roderick envoya un message au vaisseau soit-disant en perdition... Il  lui resterait environ 40 secondes pour lui fournir une preuve que cela n'était pas un piège tendu pour lui voler sa cargaison

Citation :


Ici Roderick Waldman, identification 235 98 777 A 1, à bord de l'Atlas. Je réponds à votre SOS et demande une identification et une preuve de vos avaries immédiate. Si vous avez compris mon message, veuillez désactiver vos tourelles et vous approcher de trois UA. Terminé.

Maintenant, restait à voir comment allait réagir le vaisseau étranger, même si, selon les dires des senseurs, celui-ci était bel et bien dans un sale état....

_________________

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-L'admin en sait toujours plus que toi.
-Si l'admin a tord, se reporter à la première règle.
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MessageSujet: Re: Les légendes de Nedghast   Lun 14 Oct - 1:05

Pyrrhus, vénérable immeuble dit du "Pyrrhus Network", siège opérationnel du "Hierarchy News Network", la plus vieille chaîne d'informations privée à vocation universelle encore en activité.

Ses talons claquaient contre le parquet de bois raffiné impeccablement ciré des couloirs de son étage.

Oui, son étage. La dame ne badinait pas avec l'espace ou le luxe. Nul ne savait encore si c'était son caractère qui l'avait hissé au sommet, ou le sommet qui l'avait affublé de ce dernier, mais les faits étaient là : elle était la personnalité n°1 de l'univers connu. L'être vivant le plus regardé et la plus écouté à ce jour. La muse des grands créateurs, l'égérie des sociétés cosmétiques, le gourou des tendances. Une espèce de déité vivante aux pieds de laquelle se prosternaient hommes et femmes, et contre laquelle pestaient des factions de jaloux.

"Lewis, sont mes croissants ?" pesta-t-elle, en surgissant en trombe à l'accueil, à l'adresse d'un stagiaire qui tentait de charmer une secrétaire, accoudé à son bureau.

"Ahem, moi, c'est Derry, mademois..." tenta-t-il de répondre, alors que la fin de sa phrase se perdait dans le regard éminemment courroucé de sa patronne. Il se confondit alors en excuses avant de se ruer dans les cuisines de l'étage.

"Et ce chiard a le toupet de me répondre ?" lâcha-t-elle à la secrétaire, une gynoïde au professionnalisme troublant, qui ne cilla même pas. "Virez-le moi de mon service !"

"Mademoiselle, c'est ..."

L'employée n'eût même pas le temps de finir sa tentative que la réplique cinglait :

"Je m'en fous. F-O-U-S." Elle tapa du poing sur la table, laissant une entaille aussi profonde que si l'on avait attaqué le meuble avec une masse. "On ne badine pas avec mes putains de croissants ! Et faites moi changer ce meuble ! Allez !"

Après son sursaut initial, sa subordonnée s'empressa d'accéder à sa demande alors qu'elle retournait vers ses quartiers. Il fallait dire que la demoiselle qui nous intéresse ici, Eliza Malik, était tout simplement l'une des personnes les plus difficiles à vivre de l'univers. C'était un écueil malheureux lié à sa capacité à gagner en un mois plus que le PIB annuel d'un petit système solaire. Cette manne accumulé avait entraîné avec elle des dépenses exubérantes. La dernière d'entres elles n'était qu'autre qu'une totale reconstruction génétique, lui permettant d'inclure à son être même un fouillis d'améliorations jusqu'alors uniquement envisageables par des dispositifs au mieux nanotechnologiques. Une première, que l'on ne pensait voir arriver que pour une poignée de militaires d'élites triés sur le volet... Le fait était que non. C'était un processus au prix ridiculement élevé au vu des rares bénéfices qu'il procurait par rapport à un traitement analogue "à l'ancienne". Le résultat était qu'entre autres, elle disposait de capacités physiques hors-du-commun, d'une immunité totale aux maladies et aux mauvaises graisses, de la télékinésie, de la capacité de voir dans le noir ou de distinguer les sources de chaleur, ainsi que d'une connexion télépathique aux réseaux sociaux. Tout ce dont l'on pouvait disposait à bien moindres frais, mais sans l'avantage de pouvoir hurler à la face du monde "Je ne sonne pas aux portiques d'astroport parce que je n'ai pas d'implants !" ou bien "Si j'étais soumise aux contrôles de visas comme vous autres, commun des mortels, je resterais bloquée au poste-frontière car je ne suis même pas cataloguée sur la liste des espèces connues !"

Ce qui est faux. En réalité, avec de telles modifications, son corps est une arme de catégorie 1 sur la convention universelle de réglementation des armes géniques. Elle ne passe même pas un portique de sécurité sans déclencher les alarmes de tout le bâtiment. C'est beau le progrès.

Bref, tout sourit à la demoiselle, qui s'empiffre des copieux croissants aux amandes dégoulinants de crème que vient de lui apporter l'infortunée victime de son ire. Après quelques minutes passées à éplucher les nouvelles du jour et les maquettes d'articles et de reportages pour l'édition à venir tandis que s'agitait dans son dos la Pyrrhus matinale et ses énormes files de véhicules tant terrestres que volants, elle entreprit de repartir vers les ascenseurs, une viennoiserie dans la main, un gobelet de café brûlant dans l'autre. sur les murs du couloir, entre les portes de ses loges, d'un petit loft ou encore de sa fameuse cuisine et d'une salle de conférence vide, on pouvait apprécier les innombrables couvertures animées et les hologrammes des faits d'armes passées de la présentatrice. Sa malheureuse démarche pressée ne lui rendait certes pas honneur. En pénétrant dans l'ascenseur, qui était loin d'être privé, au milieu de 5 ou 6 autres journalistes dans la conversation desquelles elle s'immisce sans peine à grands renforts de sourire aimables, on en vient à douter. Était-ce la même personne qui frôlait l'homicide de sang-froid pour une affaires de pâtisseries quelques minutes plus tôt ?

Il semblait bien que oui, car en bête de scène tout comme en tant que chef d'orchestre, le stress lui faisait adopter des attitudes antinomiques proches du lunatisme. Infatigable personnification de l'information comme du glamour, elle devait sans cesse se débrouiller pour frapper vite et fort, là où il faut, et devancer ses concurrents dont les plus virulents étaient encore les impériaux, qui avaient profité avec une efficacité insoupçonnée de la perte de vitesse de HNN et de la disparition de ses activités régionales. Aujourd'hui, à peine revenu au sommet, la chaîne devait combattre, et pécher le mot juste, avant et mieux que tout le monde.

Alors qu'elle émergeait sur un étage rempli d'open-spaces relativement confortables parcourus d'innombrables personnels travaillant à l'accomplissement de son oeuvre, on pouvait voir aux tableaux des plans de batailles vis-à-vis des couvertures de conflits armés, qui n'étaient en fait rien d'autre qu'un théâtre de plus pour la guerre secrète des médias.

Des années plus tôt, la Hiérarchie, après un cycle prolongé d'expansion et de colonisation ininterrompu dans les franges extérieures et sur le dos de puissances régionales, et même d'un Empire Sheevat fragilisé, avait sous le mandat peu glorieux du Primarque Testris, littéralement "volé en éclat". Les frasques d'un dirigeant un peu trop penché sur les opérations secrètes menées avec la discrétion d'un pachyderme dans un magasin de porcelaine, lui avait valu une image déplorable tant au sein de ses frontières qu'au-delà. Le gigantesque empire fédéral qu'elle avait acquis à la faveur de ses politiques d'assimilation alléchantes et prolifiques s'effondra alors, certaines races ne trouvant plus intérêt à travailler de concert avec ce qui n'avait guère l'apparence d'un "garant de la paix". Il aura fallu un scandale d'espionnage industriel terrible avec l'Imperium pour que l'impensable se produise : La garde du Primarque elle-même mit en place un coup d'état pour éviter un conflit d'égo, alors que les flottes hiérarques et impériales se faisaient face aux frontières.

Aujourd'hui, alors que la Hiérarchie et l'Imperium ont rétablis leurs relations d'antan sous l'impulsion du Primarque Nizius et que la Hiérarchie peut à nouveau s’enorgueillir de faire jeu égal dans le concert des superpuissances galactiques, elle n'hésite pas à régir d'une main de fer gantée de velours ses anciennes possessions. Bien confortablement assis dans une Pyrrhus qui n'a plus connu d'attaques directes depuis celles des Tryclons, la population s'endort chaque soir avec les nouvelles d'innombrables guerres civiles ou petites guerres dans ce qu'on appelle les Franges Extérieures, pour tel ou tel motif matériel ou idéologique, entre telle ou telle nation ... Aujourd'hui, seuls l'Imperium et la Hiérarchie, seules puissances militaires incontestables aux frontières directes de ces Franges, semblent se tenir, main dans la main, entre l'univers civilisé et la barbarie.

C'est aussi ça, la télé de Malik : un engagement qui lui vaut d'être saluée par ses équipes et ses confrères, et qui fait passer ses sautes d'humeurs sous l'égide du "sévère mais juste". Un engagement qui fait qu'on l'applaudit lors de ses rares irruptions dans les bureaux des journalistes, cette fois n'échappant pas à la règle.

Le sujet du jour, alors qu'elle pénétrait dans l'une des innombrables salles de réunion où trônait déjà le grand patron de la chaîne, était une énième intervention alliée dans une petite république menaçant la stabilité du cadran local. Le dirigeant venait d'être renversé par des fondamentalistes d'une obscure secte prônant l'avènement d'un Chaos prophétique. Fort heureusement pour la population et ses gisements d'alsaphe, les commandements hiérarques et impériaux veillaient au grain, ce qui leur a permis de découvrir un stock d'armes biologiques de contrebande destinées à frapper Asyos et Pyrrhus afin de répandre la Sainte Parole.

Tout juste une pépite, qu'HNN et le réseau Impérial se sont partagés sans vergogne... Et on en était là, sans images de combats, juste l'occupation. Une guerre-éclair de 18 heures avait abouti à une capitulation totale et sans condition.

Le reste ? Pour se maintenir à un stade de puissance équivalent à son orgueil quasi-colonial passé, la Hiérarchie devait batailler ferme dans le secteur économique, et les choux gras des journaux se déplaçaient vers la privatisation massive que connaissait de nombreux secteurs de la Hiérarchie. Après des décennies marquées par le modèle cloisonné des économies d'états vaguement mises en concurrence, on en revenait à un capitalisme totalement débridé : Pyrrhus était devenue la capitale économique, financière et culturelle de la galaxie, mais avait perdu au passage l'idéal hiérarque d'égalité et de fraternité. La criminalité, les inégalités et même la corruption côtoyaient les records de revenu par tête ou d'IDH ... Les réformes de démocratisation (que l'on eût considérés des années plutôt comme quasiment hérétiques.) de la Hiérarchie menèrent même le Primarque à accepter de céder certaines fonctions régaliennes historiques telles que l'éducation ou la police, si bien qu'il semblait petit à petit que la Hiérarchie replongeait dans ses origines téronéennes d'une façon étonnante : les seigneurs de guerre presque féodaux des premiers temps d'Asyos revenaient sous la forme d'énormes conglomérats qui assuraient en diverses lieux leurs propres lois. D'immenses fiefs se créaient et se défaisaient, et, à défaut de se combattre à la face du monde avec leurs mercenaires respectifs, c'étaient à coups de parts de marchés que ces groupes guerroyaient.

Certains leur résistaient, les tristes sires de la République Fédérale Athonite semblant être le fer de lance de ces irréductibles, et de leurs conventions ratifiées pour bannir nombre de sociétés de sécurité privées dont on eût trouvé dérangeant qu'elles soient mieux équipées que certaines armées locales ... D'autres n'avaient pas vraiment le choix, la plupart du temps parce qu'étant dépendant économiquement du bon vouloir de quelques magnats...

Son prochain sujet, Eliza Malik le proposa donc sans fard : Montrer au monde ce qu'avait pu devenir leur société utopique. Ce qui se cachait derrière ces panoramas d'immeubles haut de plusieurs kilomètres s'étendant à perte de vue. Renouer avec le grand journalisme des temps anciens pour mieux s'éloigner des canons actuels. Voilà ce qui fonctionnerait. Voilà ce que l'Imperium, loin de ces préoccupations, n'avait sûrement pas à offrir. Voilà ce que le public voudrait.

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MessageSujet: Re: Les légendes de Nedghast   Jeu 17 Oct - 17:34

A bord de l'Intercepteur Xénophon

Le Madré, comme il lui plaisait de se nommer, que ce soit en société ou dans les instants de solitude glacée que sa vie lui ménageait, poussa un soupir de soulagement, tandis que son visage ruisselait de sueur, tant à cause du stress du voyage, et de la précarité de sa situation, que de crainte d'une réaction hostile, ou même indifférente de cette barge minière. Etrange, se disait-il, qu'une barge de cette dimension soit seule. Son équipage doit compter moins d'une cinquantaine de personnes, à vue de nez. Il n'était pas de coutume que de tels vaisseaux s'aventurent  seuls, ne serait-ce qu'au sein d'un système connu, dans une ceinture d'astéroïdes, la situation était à fortiori étrange, dans un coin aussi reculé. Etrange et louche. Trafic de drogues rares, peut-être ? Quoiqu'il se passait à bord de ce vaisseaux, Willos se refusait toute curiosité. Sa situation ne lui permettait pas de fouiner, quoique ce fut dans son tempérament.
Enfin, l'inconnu, au point de passer à la vitesse de voyage, lui envoya un message neutre, méfiant même, mais dont le ton se comprenait parfaitement. La voix perçait difficilement, car l'appareil radio du vaisseau avait été endommagé et grésillait en permanence. Cependant, l'essentiel fut compris. Willos savait que l'apparence de son vaisseau n'inspirait pas la confiance et qu'il lui faudrait jouer serré, rapport à casse'Gueule qui dormait dans la soute de son vaisseau. Hors de question de dire quoique ce soit de ses activités, qui ne regardaient que lui et ses commanditaires, très officiels, du reste. Aussi obtempéra-t-il.


Citation :
Bien reçu, Atlas. Waldman, c'est cela ? Enchanté. J'adore vos lunettes et votre coupe, ça vous donne un air racé. Mais je me présente, Wilos Madré, à bord du Xénophon, immatriculé 439 87 611 E 7. Je vais faire comme vous avez dit.


Sitôt dit, sitôt fait, il abaissa ses dernières défenses et se rapprocha prudemment, comme Waldman le lui avait demandé. Cependant, il faudrait rester prudent, tout en jouant la décontraction. Ses armes soigneusement dissimulées sous sa veste étaient chargées, prêtes à l'emploi, mais un combat contre une barge qu'il supposait pleine de mineurs serait perdu d'avance, et il doutait que les choses en arrivent là. Son interlocuteur avait l'air plutôt embarrassé et gêné dans son voyage, et peut-être un poil curieux, qu'hostile et intéressé.


Citation :
-Vous savez, les gars, c'est une chance d'être tombé sur vous, des pirates m'ont fondu dessus, à sept contre un, les salauds. Ils m'ont niqué tous mes droïdes de combat. Une fortune, ça m'avait côuté ! Et tout ça pour rien ! Plus moyen de bosser ici ! Encore que ce ne soit pas le meilleur endroit pour ça, pas vrai ? D'ailleurs, vous êtes en prospection, j'imagine, ou plus exactement en fin de. C'es indiscret de vous demander où vous allez ? J'ai besoin de nous rafistoler, moi et mon vaisseau, vous comprenez... Terminé.
-----------------------------------------------------------

Monde d'Illyria III, Colonie de la RFA.


Parmi tous les sujets qu'elle aurait à aborder ,Eliza Malik, aurait peut-être à traiter de ce qui était arrivé sur la petite planète d'Illyria III, monde fait de plaines, de marécages et de forêts, comptant peu de mers en proportion de la part de terres, contrairement à la moyenne des mondes observés dans le Secteur Nedghast et au-delà. Cet endroit avait un côté idyllique et même pastoral qui se prêtait assez à la caricature, car la vie qu'on y menait, quoique loin d'être facile, réservait de longs moment de joie, et de sérénité. Cela était dû au fait que, quoique le travail de la nature, et spécialement de la terre, était malaisé, les récoltes qu'on en tirait était exceptionnelles, et faisaient qu'on s'y constituait de larges réserves. Celles-ci étaient en partie épuisées lors des jours de fête qui étaient fréquents sur ce petit monde, on y faisait ripaille dans la joie et la bonne humeur, et l'abondance de richesses, la fertilité de ces terres, avaient pour résultat qu'on s'y faisait une vision colorée et joyeuse de l'avenir. La vie s'y passait tranquillement, et assez sobrement, mais avec un sens du temps, une manière de voir passer les choses avec lenteur, calme et fluidité, un art de vivre raffiné et simple à la fois, qui donnait des airs paradisiaques aux communautés autonomes qui s'étaient formées sur ce monde.

Jusqu'à présent, il y avait de l'espace pour tout le monde, puisqu'à peine 15 millions d'habitants se partageaient la planète. Dotée d'un climat idyllique, rarement agité par quelques orages, et étonnement peu pourvue en bêtes sauvages, Illyria III ne présentait, à part les travaux d'agriculture et de défrichage auxquels s'adonnaient les habitants, que peu de sujets de plainte, c'était le moins qu'on pouvait dire.

Dans le reste de la République Fédérale Athonite, on se moquait parfois allègrement , mais sans agressivité ni méchanceté particulière, de ces paysans paisibles qui ne demandaient rien à personne. Ils étaient représentés, dans l'imaginaire collectif, et dans les productions artistiques où ils apparaissaient, comme la part bonne, et même bonasse de la République, comme de doux rêveurs un peu éloignés, non pas de la réalité, mais de la violence de la vie, et en particulier de la violence humaine. Bref, comme des optimistes. La vertu chrétienne d'espérance était en effet un peu poussée chez eux, au delà de ses limites. C'était ce qui agaçait ceux, parmi les Athonites, qui avaient vécu, en particulier les militaires, les miliciens et les prêtres ou moines, qui mettaient en garde les Illyriens contre les dangers d'une vie uniquement faite de douceur, de bonheur et de tendresse. On se représentait traditionnellement, en effet, en RFA, ce genre de vie comme plat et superficiel, n'osant pas pénétrer dans les couches profondes de la nature humaine, voir au plus profond de l'âme.

En cela, les Illyriens détonaient fâcheusement, avait-on l'habitude de dire à leur propos. Ils pourraient diffuser une mauvaise image du Christianisme, contre laquelle on s'était déjà trop battus, celle d'une religion gentillette et niaiseuse, rose et douce, pleine d'illusions optimiste et ne pensant qu'au bonheur. Cela tenait à peine de la caricature, car les Illyriens avaient la particularité d'être en majorité des jeunes colons enthousiastes, pleines de rêves et d'espoir, et qui, par rapport aux communautés des autres mondes de la RFA, tardaient à s'organiser militairement comme il convenait.
Illyria III faisait ainsi office, pourrait-on dire, "d'expérience du bonheur", tentée par de jeunes colons arrivés là il avait à peine quarante ans. Décriée partout dans la République, cette expérience était passée inaperçue en dehors de ses limites. Jusqu'il y a peu. En effet, un évènement, pas si rare que ça du reste, s'était passé dans les trois colonies de la zone nord, qui exploitaient quelques minerais rares, les seuls endroits où la planète fournissait des pierres comme le diamant, ou des métaux comme l'ambre, l'or, le platine et le fer. Cela, en quantités négligeables à l'échelle inter-planétaire.

Cependant, il fallait croire que ces maigres exploitations avaient attiré l'attention de compagnies issues des deux Etats stellaires qui tenaient debout en ces temps de chaos et de misères : l'Imperium et la Hiérarchie. Les entreprises en question s'étaient mises en tête de fournir des équipements de meilleure qualité que les engins rudimentaires dont se servaient les colons Illyriens.

Ceux-ci avaient transmis l'offre à Athos, qui avait refusé, tandis que les entreprises en question répondaient par d'autres offres, plus juteuses encore ,concernant le remplacement des équipements agricoles d'Illyria III en échange de l'offre d'actions concernant les produits issus de la planète. Il s'agissait ni plus ni moins que d'une tentative d'intégrer le monde aux marchés inter-stellaires, en y faisant rentrer leurs produits, et en se proposant même de financer la création d'entreprises athonites, avec des participations de départ avantageuses aux Bourses de l'Imperium ou de la Hiérarchie.
Jusque là, l'affaire était banale. Des situations de ce genre s'étaient déjà produites, et il y avait fort à parier que ce ne serait pas la dernière fois. La nouveauté fut la réaction du peuple athonite, et particulièrement Tiers-Illyrien. Des manifestations éclatèrent partout dans la RFA. Des attentats avaient déjà eu lieu au cours de l'histoire athonite, dans les sièges d'autres compagnies, implantées clandestinement dans la République, mais cette fois, il fallait croire que trop, c'était trop.

Deux évènements eurent donc lieu, probablement orchestrés de haut, car simultanés : le premier fut la mise à sac, par le soi-disant si pacifique peuple Tiers-Illyrien, des locaux de ces entreprises installés dans les régions nord de la planète que nous avons décrite. Paniqués, les gardes soldés par les sociétés se mirent à tirer dans la foule, occasionnant plusieurs dizaines de morts. Pris d'une fureur que les mots ne peuvent retranscrire, les colons ripostèrent en brûlant systématiquement les sièges de ces sociétés, et jetèrent tous les  gardes, représentants, dirigeants, dans les flammes, ou les pendirent aux réverbères. Les quelques survivants que l'on jugeait innocents furent jetés dans des vaisseaux de fortune et rapatriés aux frontières.

Le deuxième évènement, sans doute encore plus grave, fut l'extension que prit ce qu'on avait appelé un temps le terrorisme athonite : les attentats, tout simplement, ne concernèrent plus simplement les sièges des sociétés présentes à l'intérieur du territoire, mais aussi les locaux situés au dehors. La société de l'Impérium Sumex, par exemple, spécialisée dans le traitement du diamant, vit une partie des locaux de sa planète mère dévastée par une série d'explosions. Une autre célèbre entreprise commercialisant le bois précieux dut fermer les locaux de sa maison-mère du fait de la diffusion d'un virus, vidé sous forme de cristaux dans les bouches d'aération de l'entreprise.

Cela donnait un exemple, en deux semaines, de la réaction dont les Athonites étaient capables face à l'invasion effrénée du capitalisme sidéral triomphant. Un communiqué de la Présidence Fédérale fut même publié, expliquant que si elle ne cautionnait en aucune façon quelque acte de terrorisme que ce fut, ce dernier était bien la preuve qu'un système économique tel que celui actuellement mis en œuvre ne pouvait que provoquer, tôt ou tard, des réactions violentes de la part des peuples libres.

Le président Kusmane appelait donc la communauté interstellaire à porter un regard critique sur la situation socio-économique dans les mondes du Secteur Nedghast, et sur les effets d'un sur-capitalisme dangereux et déshumanisant, et sur les dangers d'une civilisation du profit, d'un froid mercantilisme et du technologisme abracadabrantesque.  

Seulement, du fait de l'isolement relatif de la RFA, et du caractère récent des évènements, ainsi que du chaos général, il n'était pas sûr que tous ces évènements soient encore de notoriété publique, et qu'ils fussent jugés intéressants par les médias, en particulier par l'influente HNN. Les attentats qui avaient secoué les entreprises de l'Imperium, quoiqu'ils eussent été perpétrés par des athonites, n'avaient pas été signés comme tels. Ainsi, si officieusement, tout le monde savait, officiellement ces actes étaient d'origine inconnue, la question restait de savoir jusqu'à quand les politiques et les médias entretiendraient une différence formelle entre les deux...
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MessageSujet: Re: Les légendes de Nedghast   Lun 21 Oct - 14:43

A bord de la Barge d'Extraction Atlas

Son interlocuteur surjouait totalement, c'était évident. Il avait quelque chose à cacher... Et Roderick ne préférait pas savoir quoi. La curiosité mal placée pouvait, en ces lieux, attirer bien des ennuis. Aussi se contenta-t-il de transmettre les coordonnées d'une planète proche qui, aux dernières nouvelles était dotée de technologie suffisamment avancée pour aider aux réparations.

Citation :
Atlas à Xénophon, je vous transmet les coordonnées d'une planète proche où vous pourrez surement procéder à des réparations d'urgence. Je vous escorterais jusqu’à son orbite puis je vous laisserais vous débrouiller seul. Les coordonnées sont X452.2 Y5489.301 Z-75.26, à 30 UA de nous, nom "Ast". En utilisant les moteurs à fusion la durée du voyage est de trois cycles de pont, à moins que vos générateurs de Saut fonctionnent encore... Le cas échéant, calez vous sur mes coordonnées et déclenchez le Saut à mon signal.

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MessageSujet: Re: Les légendes de Nedghast   Ven 25 Oct - 16:40

A bord de l'Intercepteur Xénophon

Apparemment, son interlocuteur n'était pas gêné par le caractère nerveux jusqu'à l'hystérie plus ou moins contrôlée de Willos, à qui le stress faisait perdre les pédales. Il lui arrivait de ces situations où il perdait la tête en situation trop tendue, résidu d'une nervosité extrême qui l'avait toujours caractérisé.

Cette nervosité avait été un problème pour lui dès le départ. Ses parents étaient convaincus dès le départ qu'il finirait en hospice, ou du moins gâcherait une bonne partie de sa vie avec sa manie de s'inquiéter pour tout et rien, et surtout pour rien, son incapacité à gérer le stress, sa difficulté à assumer les situations jusqu'au bout, trace d'un manque effectif de maturité émotionnelle et affective. C'est pour cela que sa décision de se reconvertir dans un travail aussi dangereux et délicat que la chasse aux primes avait surpris tout le monde et fait rire bien de ses connaissance, ainsi que sa famille. Il le prit mal et coupa les ponts avec tout le monde, se jurant de remédier à cette situation par la pratique et l'introspection. Il y parvint tant bien que mal, et son caractère ne surgissait plus que dans des situations difficiles, le reste du temps il affichait une certaine froideur, un comportement dur et brutal qui faisait qu'on le comparait volontiers à une statue.

Quoiqu'il en soit, Waldman était soit indifférent, soit trop rusé pour laisser entendre qu'il avait remarqué quoique ce soit à l'embarras dans lequel Madré se trouvait, et, tout fonctionnellement, lui envoya des coordonnées à entrer dans son navigateur.


Citation :
Xénophon à Atlas, bien reçu. Merci, mon vieux, ça me rend vraiment service, vous ne vous imaginez pas à quel point. Quelle panique ! J'ai cru que j'allais clamser là comme un con, perdu dans ces espaces froids. Une fois arrivé à l'orbite de la planète que vous me proposez, je saurai m'orienter, même si je ne connais pas l'endroit que vous m'indiquez. J'ai encore de quoi faire un dernier Saut si tout se passe bien, mais ce sera sûrement le dernier, après quoi mes générateurs rendront l'âme. J'ai entré vos coordonnées et suit prêt à sauter. Terminé.
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MessageSujet: Re: Les légendes de Nedghast   Ven 25 Oct - 17:26

Une fois encore, Roderick préféra ne pas relever les remerciements de son interlocuteur. Mieux valait être trop suspicieux que trop confiant... Il n'avait pas envie de se retrouver éparpillé en poussière au fin fond de l'espace. Pas à ce stade-ci de sa vie, du moins.
Peu après réception du message, Roderick lança le compte à rebours du Saut, puis activa ses hyper-réacteurs. Il ressortit quelques minutes plus tard en orbite de Ast, comme prévu. Son radar s'activa soudain, lui renvoyant la signature énergétique du Xénophon. Le mineur entra en contact avec lui :

Citation :
Atlas à Xénophon : Nous voici en orbite de Ast. Je vais tenter de contacter leur contrôle orbital, calez vous en vitesse d'approche lente.
Roderick extrachargea de ses données spatiales les canaux et les codes d'identification de la Station Orbitale Ast-1, puis tenta d'établir le contact, mais aucun retour ne lui parvint. Il remarqua alors que l'orbite planétaire paraissait étrangement calme. Après examen radar, il se rendit compte que, en effet, il n'y avait aucun déplacement céleste autour de l'astre, aucun rayonnement d'énergie ni aucune émissions radio de quelque type que ce soit. Bref, il ne semblait ne plus y avoir personne du tout autour de cette planète.
Il était vrais que les informations dont disposait Roderick par rapport à Ast dataient d'un siècle et demie, mais tout de même... Malgré sa circonspection, il décida de mener plus en avant ses recherches. Il ne serait pas dit de lui qu'il était capable de laisser tomber un vaisseau en perdition. Même sans témoins.... Sa conscience lui suffisait.


Citation :
Atlas à Xénophon : Je n'ai aucun retour de la part de leur contrôle. Je vais essayer d'établir un contact visuel avec la station, suivez moi et soyez prêt à combattre. Cette situation est plus que louche.
Aussitôt transmit, aussitôt fait, Roderick fit avancer son vaisseau vers le seul écho radar autre que la planète et le Xénophon, cela ne pouvait logiquement être que la station Ast-1. Après plusieurs minutes de vol, il put l'apercevoir : même à cette distance de plusieurs centaines de kilomètres, la situation était étrange. Aucune lumière ne venait de la station, aucune émission courte portée, aucun scan auspex, aucun vaisseau d’entretiens. Absolument rien. Roderick, de plus en plus interloqué, activa ses systèmes de défense, le bouclier de son vaisseau et mis en route ses drones de guerre, et s'approcha d'une cinquantaine de kilomètres. Il en profita pour zoomer avec ses caméras externes, et pris des vues sous tous les spectres. Toutes exprimaient la même chose : Ast-1 n'était plus qu'un gros morceau métallique, flottant en orbite et soumis aux radiation solaires et aux particules spatiales. Sa coque n'était plus protégée par un bouclier et était constellée de nombreuses traces d'impact; l'un des bras transversaux avait   sans doute connu une avarie et s'était détaché. La majeure partie des verrières principales avaient explosé. Roderick décida de ne pas rester plus longtemps face à ce vestige et entra à nouveau en communication avec son infortuné compagnon de vol.

Citation :
Atlas à Xénophon : Bon, c'est vraiment inattendu. Il semble qu'il y ait eu une guerre ou une catastrophe ou je-ne-sais quoi d'autre, mais tout le monde est partis. en tout cas, toutes les personnes susceptibles de vous aider.
Il marqua une pause avant de reprendre :

Citation :
Approchez vous de  moi à trois kilomètres, nous allons ensuite effectuer une manœuvre pour nous caler en orbite géostationnaire au-dessus de la planète afin d'essayer de repérer un quelconque signe de civilisation. Disposez vous d'une navette Atmosphérique?

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MessageSujet: Re: Les légendes de Nedghast   Ven 25 Oct - 18:07

A bord de l'Intercepteur Xénophon

Tout guilleret à l'idée de trouver enfin un endroit où se reposer, refaire le plein, réparer son vaisseau, et passer du bon temps, Madré tâcha de se calmer, prit une longe inspiration bruyante qui dut se faire entendre à travers son micro par son interlocuteur, et actionna le générateur de Saut, en croisant les doigts. Le décompte défila lentement, tandis que les moteurs ronflaient bruyamment, comme à chaque passage en vitesse supérieure depuis la fructueuse bataille contre les Durs à Kuir.

"Durs à Kuir. Oh les cons", se dit-il intérieurement à la remémoration de l'escarmouche, en riant. "Bande de bâtards. Pour s'appeler ainsi il fallait vraiment être fini au saké, même pour des orks. Enfin, la tempête est passée, j'en suis ressorti vivant avec le gros porc vert dans mes soutes pour trophée. Avec l'argent que j'en retirerai, j'aurai de quoi passer deux mois au calme". Il convint cependant avec lui-même de n'en rien faire : la mollesse pouvait vite s'installer chez une personne oisive, et dans son métier, la mollesse ne pardonnait pas. Il résolut, une fois rentré et ses préparatifs faits, de se constituer une équipe, robotique ou non, et de repartir en chasse dès qu'il le pourrait.
"N'anticipons pas trop vite, cependant. Chaque chose en son temps : après l'effort, le réconfort".
C'est dans ces douces rêveries qu'il passa le temps du voyage, jusqu'à ce qu'une nuée lumineuse l'aveugle un temps, puis que des poussières d'étoiles apparaissent devant ses yeux, signe que le Saut, qui par ailleurs, n'avait pas duré longtemps, venait de s'achever.

Etant dépourvu de senseurs ou de quoi que ce fut qui lui permettait de se repérer de façon classique dans le vide spatial, il devait accorder toute sa confiance à son compagnon provisoire, dont il entendait se débarrasser au plus vite, ainsi que Roderick avait sans doute, lui aussi, l'intention de le faire. Dans son métier, les amitiés étaient rares, précieuses, autant par pur intérêt qu'à cause de la solidarité qui naissait nécessairement dans un métier où parfois, l'on considérait un peu trop vite que la loi du chacun pour soi régnait.

Au sortir du Saut, Willos ne put donc rien remarquer de spécial. Ils étaient sortis non loin d'une planète à l'air paisible, composée à peu près de façon équilibrée de mers et continents. Rien de louche ne ressortait de ce tableau, et une station en orbite lui semblait l'endroit tout indiqué où se rendre pour faire ce qu'il avait à faire.

Son radar crépitant lui renvoya l'image miniaturisée de la barge Atlas, et tandis qu'il vérifiait que tout était en ordre dans son vaisseau, il s'apprêtait à commenter le tableau qui s'offrait à ses yeux, et à prendre congé, lorsque son interlocuteur lui fit signe qu'il comptait prévenir les autorités de leur arrivée. C'était une habitude que sa fréquentation des mêmes secteurs avait éteinte, mais qu'il jugea pertinente. Autant faire les choses dans les règles.

Le temps se fit long. Cela faisait un moment que le mineur n'avait pas rouvert la communication, et dans un début de panique, Willos vérifia fébrilement que ses émetteurs et récepteurs marchaient toujours. Concluant que c'était le cas, il se renfonça dans son fauteuil en mâchouillant un cure-dent, de façon tout à fait cliché, ce dont il était conscient, et ce qui l'amusait. Son radar était, suite à l'escarmouche, d'une très faible portée, aussi ne pouvait-il se rendre compte de l'aspect préoccupant des lieux.

Enfin, le dialogue reprit. Pas de retour de la station, cela sentait le roussi, et il faudrait peut-être sortir les armes. Un mélange d'anxiété et de colère fit montrer le rouge au visage de Willos. Il n'était absolument pas en état de mener un combat d'envergure, son vaisseau tenait plus de de la poubelle qu'autre chose en l'état présent, il n'avait pratiquement plus de boucliers, et même à deux, ils ne seraient pas dans l'état de mener le combat contre leurs potentiels adversaires si ils étaient assez nombreux pour avoir réduit une station au silence. Il se retint cependant de râler.


Citation :
Xénophon à Atlas : Reçu, je vous suis. Je vous préviens cependant que je suis dans un état précaire, et qu'en cas de combat, je ne tiendrai peut-être pas très longtemps. Néanmoins, je partage votre inquiétude. Je dispose encore d'une batterie de missiles et de quatre tourelles, je vais les mettre en état d'alerte.
Le tout fut dit avec une froideur qui contrastait avec son ton enjoué et un peu forcé d'alors. Rien ne se passait comme prévu, et leur vie serait peut-être en jeu. Dans un autre état, sans doute aurait-il mit les bouts, mais pour l'instant, il était lié à Waldman, qui lui servait d'yeux et d'oreilles. Plus ils se rapprochaient, plus Madré pouvait constater que la situation était préoccupante. Absolument aucun signe d'activité n'émanait de la station, qui semblait être fantôme. Il remarquait également qu'absolument rien ne rentrait dans l'orbite de la planète, ou n'en sortait. Dans un secteur surpeuplé, de longues colonnes ascendantes et descendantes s'étendait de coutume entre chaque planète et le vide sidéral.

Son partenaire reprit la parole et lui fit le topo. Il fallait s'attendre au pire, en somme.


Citation :
Xénophon à Atlas, bien reçu. Je me rapproche. J'ai effectivement quelques navettes atmosphériques, par chance, depuis ma dernière sortie, je n'ai pas eu à en user. Elles ont miraculeusement survécu au combat. J'espère juste que mon vaisseau, ou plutôt ce qu'il en reste, ne lâchera pas. Au cas où il serait détruit, je dispose d'une petite navette de secours qui me permettra de vous rejoindre, si le timing est bon. J'ai quelques flingues et fusils qui me restent de mon équipe, j'aurai la place pour les emmener, et si nous sommes abordés, nous pourrons bien nous défendre. Combien êtes-vous à bord ? Disposez-vous de droïdes ?

Par ailleurs, je ne comprends pas comment une catastrophe ou une guerre, comme vous dites, ou quoi que ce soit, a pu se déclencher si vite et dévaster les environs depuis votre dernier séjour ici. A quand remonte-t-il ? Vous êtes déjà venu ici ?

Paré à la manœuvre. Terminé.  
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MessageSujet: Re: Les légendes de Nedghast   Sam 26 Oct - 1:57

L'émission de données en direction de la station avaient attiré l'attention de tout autres ouailles, pas réellement prévues au programme...

HSS Angerith (PC-543), Croiseur "de poche" de la Hiérarchie affilié au Paranormal and Special Intelligence COMmand (PSICOM)

Sorte de successeur spirituel au Secrétariat à la Guerre Paranormale de la Hiérarchie, et issu d'une volonté de faire fusionner les agences relatives au renseignement dit "paranormal" et celui moins exotique que l'on appelait "spécial", au vu de leurs secteurs d'activités relativement proches (à savoir l'enquête, la récupération et l'étude de technologies, phénomènes et autres apparitions considérées comme "divergentes" vis-à-vis des domaines de connaissances communément admis au sein de la communauté galactique de base humano-avortium.), le PSICOM est l'un des principaux services de renseignement de la Hiérarchie, et l'un des plus actifs et prolifiques. Avec le retour de la Hiérarchie en tant que puissance au cours des dernières décennies, beaucoup d'argent dépensé jusqu'alors dans l'armée a été redirigé vers le secteur de l'espionnage, entre autres, selon l'adage "Mieux vaut prévenir que guérir.". Cette hausse de capitaux a donc vu fleurir les opérations de ce type menées par des groupes Hiérarques un peu partout, mais surtout, dans le cas du PSICOM, à la voir affubler du rôle d'épouvantail, membre de toutes les théories du complot. On lui prêtait des expériences scientifiques déviantes, des opérations clandestines ayant menés à des meurtres non-élucidés, des exterminations de communautés déviantes, une propension à camoufler les phénomènes technologiques, sociologiques et météorologiques inexpliqués, des opérations de terrorisme sur Pyrrhus en vue de justifier son budget et même la volonté de renverser le Primarque et sa Garde pour la remplacer par le PSICOM même.

Si cela semblait dénué de fondements, il n'en demeurait pas moins que les actions qu'elle menait, si elles comprenaient de la xéno-archéologie et ethnologie, ne saurait à elles seules justifier un matériel aussi fournie pour l'analyse et l'étude qu'il l'était pour le combat et l'infiltration. L'Angerith était donc là en mission d'analyse et d'observation autant qu'en potentielle force de frappe clandestine. Hors de l'espace Hiérarque, l'agence ne pouvait opérer au grand jour, mais quand il était question d'une planète dont le sort funeste restait un mystère, la furtivité restait une priorité secondaire : Si il n'avait pas pu être repéré jusqu'alors, c'est que l'Angerith avait coupé ses moteurs et ses transmissions, se laissant dériver comme une vulgaire épave au milieu de ruines qu'exploraient des hommes d'équipages en combinaisons spatiales furtives, pour éviter les traditionnels émissions de véhicules automatisés. Une épave garnie d'une imposante collection d'armes et de protections, tel que n'importe quel vaisseau de guerre de pointe.

Néanmoins, le monstre couleur d'onyx n'allait pas tarder à être repéré : un croiseur intact sans marquages accosté à une station en ruines n'allait pas sans poser quelques questions, fut-ce sa coque modifiée pour camoufler la présence d'êtres vivants à l'intérieur. La question qui se posait à l'équipage était alors tout autre que les problématiques de survie sur lesquelles d'autres pouvaient discerter : Devaient-ils rester ? Engager le combat ? Communiquer ? Risquer de prévenir leur commandement, au risque d'ébruiter leur enquête ? En l'absence de renseignement sur les intrus, l'équipage entier retenait son souffle et suait à grosses gouttes, car ils étaient aveugles sans leurs appareils de surveillance actifs. Quelque chose rôdait dehors, et impossible de savoir si l'on avait affaire à des pirates, des civils, ou bien encore une force expéditionnaire étrangère en mesure de les rayer de la partie...

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MessageSujet: Re: Les légendes de Nedghast   Sam 26 Oct - 15:41

A bord de l'Atlas...

Si Waldman avait été le propriétaire d'un vaisseau de guerre, c'est sans nul doute qu'il aurait pu repérer le navire du PSICOM, arrimé à la station. Mais il n'avait en sa possession qu'une barge d'extraction, certes avancée, mais pas armée pour ce genre de situation. Aussi les détecteurs restèrent-ils en stand-by, et Roderick continua ses affaires, ignorant tout de la situation. Il envoya un nouveau message à Willos afin d'éclaircir un peu la situation :


Citation :
Atlas à Xénophon : Je vous invite à me rejoindre à bord, puis nous procèderons à une descente vers la planète. J'ai capté des échos de ce qui pourrait être une cité civilisée. avec un peu de chance, il disposeront de suffisamment de matériel pour effectuer des réparations d'urgence. Étant donné que je ne connais pas l'état géopolitique actuel de cette planète, je vous conseille de vous armer et de vous équiper de quoi que ce soit qui puisse faire office de bouclier corporel.
Pour ce qui est de ce système, hé bien... Non, je ne suis jamais venu, et les informations dont je dispose datent d'une cinquantaine d'années environ, ce qui est assez vieux. Mais sans porter de jugement hâtif, même en tant de temps, aucune civilisation digne de ce nom n'aurait pu disparaître comme ça. Bref, je vous attends dans ma soute, prêt à décoller. Ah, et si vous en avez, prenez quelques rations de survie, on ne sait jamais. Terminé.
Une fois le message envoyé, Roderick se dirigea comme expliqué vers sa soute d'appontage, mit les moteurs de sa navette atmosphérique en chauffe puis commença à s'équiper : arme de poing, bouclier énergétique personnel et combinaison blindée équipée d'un filtre à air. Il prit soin d'emporter avec lui des rations pour trois jours ainsi qu'un kit médical d'urgence. Il n'était pas du tout au fait de la situation planétaire, et il préférait être prêt en cas de coup dur. Il programma aussi sa seconde navette pour le rejoindre en cas d'émission d'un signal spécial puis attendis l'arrivée du Madré.

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MessageSujet: Re: Les légendes de Nedghast   Dim 27 Oct - 10:17

A bord du Xénophon

Willos commençait à maudire intérieurement Waldman de l'avoir embarqué dans cette situation délicate. Quelle idée, suite à une extraction, de se rendre dans un endroit dont on n'avait pas eu de nouvelles depuis 50 ans voire plus ! Les patrons du mineur auraient à entendre le syndicat des chasseurs de prime, si cela tournait mal, et ils le regretteraient amèrement. C'était le contenu des pensées amères qui défilaient dans la cervelle du Madré.

Avec une maîtrise de soi-même pleine de roideur victorienne, digne d'un pair d'Angleterre en 1890, il ne laissa rien passer de son véritable avis sur la question, et répondit calmement.


Citation :
Xénophon à Atlas : Bien, je vais passer mon vaisseau en mode automatique et laisser mon droïde second piloter le vaisseau. Tout cela est du domaine de l'hypothétique, mais nous n'avons pas le choix j'imagine. J'arrive...avec un invité. Terminé.
En effet, il était hors de question pour lui de laisser là, hors de surveillance, le produit d'une chasse d'un mois. Si l'ork se réveillait, et arrivait à sortir de la soute, il mettrait son droïde second hors d'état de nuire en deux temps trois mouvements, et, de plus, mettrait les bouts avec son vaisseau. Hors, il ne lui restait plus assez de drogue somnifère pour garder l'ork au calme. Même chose dans l'optique où le Xénophon serait attaqué pendant son absence : perte du vaisseau et de sa proie qui lui aurait permis d'amortir ses frais, car il était presque en fin de course niveau financier, et il lui fallait sa prime au plus vite.

Il programma donc le droïde, lui fit le topo de la situation, et lui ordonna de se caler sur les réactions de la barge minière, tout en maintenant un état d'alerte maximal. Ceci fait, il descendit dans la soute, près de là où stationnaient ses navettes, après avoir fait un tour à l'armurerie et à la cantine. Trois générateurs de bouclier personnel, des rations pour un mois, quatre pistolets et deux fusils constituaient son équipements. La question principale restait : que faire du chef ork ? casse'Gueule dormait paisiblement pour l'instant, mais il lui faudrait à la fois le réveiller et s'en faire un allié. Il lui aurait fallu expliquer la situation, lui faire comprendre qu'aucun autre choix ne se présentait...et croiser les doigts pour que l'ork coopère.

Par chance, il disposait de drogues qui lui permettraient de garder le chef ork éveillé sous son contrôle relatif, mais dans un état de léthargie telle qu'ils auraient plus à se coltiner un zombie, voire un boulet, qu'autre chose. A moins qu'il y ait possibilité, dans la barge Atlas, de remédier à cette situation et de continuer à le surveiller...d'un naturel méfiant, le Madré n'aimait pas confier sa proie à des étrangers dont il ne pouvait prévoir la réaction, mais il n'avait pas le choix.

Aussi, il piqua casse'Gueule qui se réveilla dans un grognement que suivit un "kekispass ?" fatigué. Se relevant lentement, l'ork suivit docilement Madré qui entra dans une navette avec tout son équipement, et quitta le vaisseau, en direction de la barge. Cinq minutes lui prirent pour arriver jusqu'à la soute de l'Atlas. Le chasseur de primes et l'ork descendirent lentement et arrivèrent à la hauteur du mineur.

Le Madré fixa Waldman d'un air gêné, avant de prendre la parole :


-Drôle d'invité, pas vrai ? Veuillez m'excuser, mais notre ami est trop fatigué pour vous répondre, le voyage a été dur. Je suis...bon, je vais pas vous raconter d'histoires, c'est ma proie, je suis chasseur de primes. Je n'ai pas de quoi en faire notre allié pour le moment, et si je le fais sortir de sa léthargie, il mettra les bouts à la première occasion. Si nous le laissons dans cet état, il sera un boulet, nous encombrera plus qu'autre chose. Il y aurait moyen de le mettre aux fers sans éveiller les soupçons de l'équipage ?
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MessageSujet: Re: Les légendes de Nedghast   Dim 27 Oct - 15:22

Roderick fut assez impressionné par "l'invité" imprévu. Un Ork, rien que ça. Et un Big'boss, de surcroit. Il n'avait jamais vu d'Ork vivant jusqu'alors, que tous les Dieux de l'espace l'en préserve, mais les vidéopix et autres racontars militaires daenvans étaient suffisamment prolixes sur le sujet. Ces bêtes là étaient assez puissantes pour vous broyer un homme en armure de guerre d'un seul coup de mâchoire, complètement stupides et ne rêvaient que d'une chose : détruire le plus de "truk" possibles.
Que le Madré ait réussit à en capturer un plaçait l'homme assez haut sur l'échelle de la dangerosité.Mais s'il était vraiment mercenaire, comme il l'avait dit alors Roderick n'avait virtuellement rien à craindre : il n'avait lui même aucun prix sur sa tête, pour ce qu'il en savait.

En tout cas, le mineur était prêt à céder sans problème à la demande du mercenaire, car il l'avait fourré dans une situation peu enviable, aussi lui fournit-il suffisamment de drogues somnifères et de calmants pour six ou sept cycles de pont en s'excusant au passage pour les désagréments encourus :

-Cela n'était vraiment pas prévu au programme, mais je vous assure que cette planète était la plus proche ou nous pouvions espérer obtenir un semblant d'aide. Les deux seuls autres endroits dans plusieurs centaines d'UA à la ronde sont une planète qui a subit un Exterminatus il y a plusieurs siècles - je ne vais pas vous faire la liste du pourquoi il ne vaut mieux pas y aller - et une ceinture d'astéroïdes qui, aux dernières nouvelles, n'est assurément pas fréquentable.
Mais rassurez-vous, d'après les émissions planétaires que j'ai capté, nous allons trouver de quoi procéder à des réparations, et vous pourrez repartir. Je vous propose de déposer votre prise dans votre vaisseau, puis nous descendrons en atmosphère, histoire que tout ça soit réglé le plus vite possible.

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MessageSujet: Re: Les légendes de Nedghast   Dim 27 Oct - 16:02

A bord de l'Atlas...

Willos sourcilla à l'énoncé de son adversaire. Ils étaient encore plus dans un trou perdu que ce qu'il avait pensé. Sa chasse l'avait vraiment emmené loin, et dans son exaltation, il n'avait pas fait attention au point auquel il s'était retrouvé éloigné de toute forme de civilisation. Devoir retourner à bord du Xénophon pour déposer le chef ork l'ennuyait, mais Waldman avait accédé en partie à sa requête en lui donnant plus de calmants qu'il n'en avait lui-même disposé au départ de son voyage. Par prudence, il n'en dit rien, afin que le mineur n'estime pas que son offre était surévaluée, et il piqua à nouveau casse'Gueule qui grogna quelque peu, plus douillet qu'il n'en avait l'air.

Roderick ne se formalisait pas de son statut particulier, ni ne s'en émouvait spécialement ; quoiqu'il en pensât, il n'en laissait rien paraître. Cet homme semblait plus qu'un simple mineur. Un fait frappa alors Willos, qui n'en avait rien pu remarquer jusqu'alors : il n'y avait personne à bord de la barge. Personne pour l'entretien du vaisseau, personne disposé à accompagner Waldman, et l'idée que ce dernier était le seul à gérer ce vaisseau d'une taille certaine, sans doute avec la seule aide de droïdes, surprenait Madré.


-Attendez, je n'avais compris que vous étiez seul ? Qu'est-ce que vous faites sans personne dans ce coin perdu ? Vous travaillez en freelance ?

Sinon, merci pour les calmants, Waldman. Ca devrait me permettre de le tenir au calme pendant encore longtemps. Je vais programmer la navette pour qu'elle retourne au vaisseau, et alerter mon droïde second pour qu'il le réceptionne, ainsi que les drogues. Ainsi, nous ne perdrons pas de temps.

J'espère en tout cas qu'on pourra en finir avec tout ça au plus vite. Cette situation m'inquiète de plus en plus, d'après ce que vous dites, il se peut très bien que la catastrophe qui a eu lieu ici, quelle qu'en soit la nature, se soit produite il y a dix ans, tout comme le mois dernier. J'espère juste que personne ne rôde encore dans le coin, car nous serions alors dans une posture critique. Mais inutile d'être pessimistes, pas vrai ? On aura bien le temps d'aviser quand on saura de quoi il en retourne.

Puis il contacta son droïde à qui il donna toutes les instructions, confia les calmants à l'ork qui dormait debout, et menaçait à la limite de s'effondrer, qu'il ramena dans la navette. Il programma les calculs de trajectoire de cette dernière, les cala sur son vaisseau, puis en revenant vers Waldman, tandis que la navette repartait, il renifla d'un air entendu et sérieux, prit une gomme de tabac qu'il commença à mâcher pour se donner une contenance qui ressemblât à l'idée que l'on se faisait ordinairement d'un chasseur de primes, puis poursuivit.


-Bon, c'est pas tout ça mon vieux, mais je crois qu'il faudrait commencer à descendre. Comme vous dites, plus tôt on en aura fini, mieux ce sera pour tout le monde.
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Hotep
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MessageSujet: Re: Les légendes de Nedghast   Lun 28 Oct - 2:31

Continent, près de Tilaras

Ça fait plusieurs heures que je marche. Dans toutes les directions, aussi loin que  porte mon regard il n'y a que cette terre jaune et friable gorgée des résidus de l’Explosion. Ah l’Explosion, ça fait au moins.. un.. deux.... neuf, oui neuf ans déjà. Je sais ce que vous allez dire c’est quoi ce truc habillé comme un clodo : des habits trop grand pour lui déchirés et raccommodés à de nombreux endroit,  quelques plaques de cuir ou de carapaces de différentes formes, un sac.. Hey mais il y a des gens qui tuerait pour avoir ce que j’ai là : de l’eau, un peu de nourriture, des médicaments et même une arme enfin presque. C’est infiniment mieux que quand je suis parti de chez moi, je me demande d’ailleurs comment j’ai pu survivre à cette époque. J’ai parcouru un sacré bout de chemin : la mer asséchée de Tdechedek, Goune, Pïyon et Payune les cités jumelles, d’après mon calepin j’ai fais plus de 10 000 kilomètres à suivre les restes de huit voies et de câbles supraconducteurs, je suis même sûr que j’ai fais plus de chemin que n’importe qui sur ce maudit rocher, faut dire que personne ne sort une fois la « sécurité » d’un îlot trouvée.. Quoi ?.. une ville si tu préfères. J’ai de la chance, ici la terre n’est pas très contaminée, les vents puissants de la régions ont l’air d’avoir bien mélangé et enterré mais  les résidus je me rappelle qu’il y une semaine à Querk le sol était tellement vicié que mes semelles avaient fondu, j’ai même failli perdre mes pattes. Je comprends maintenant tous les médecins et les bouchers ( enfin c’est un peu la même chose là bas, ne cherchez pas à y manger c’est tout ) qui y pullulent. Le vent parlons en d’ailleurs, il transporte une sorte de poussière irritante venu du sud mêlée à celle du sol. Ça donne une purée de poix brunâtre qui brûle les yeux et les poumons quand on la respire, une vraie saloperie qui peut vous tuer si vous êtes trop têtu pour vous abriter.
Bon ici c’est rapide, des abris il n’y en a aucun. Ma prochaine destination se trouve être une presqu'île au bout d’une langue de terre et bien sûr pour y aller il faut passer parce ce qui tient plus du désert que de la « paisible plaine rafraîchie par une chaleureuse brise du sud », je sais pas pourquoi je fais encore confiance à des gens des îlots... Oui, Matt, je sais. J’espère qu’il est déjà là bas et qu’il m’attend avec une grande tasse de chocolat chaud.
La tempête s’était levée en plein milieu du trajet, elle m’a pris de court donc à part avancer je ne peux rien faire d’autre, à si mourir mais comment dire ça me botte pas trop. J’ai retrouvé de vielles lunettes d’aviateur au fond de mon sac, j’étais heureux de les avoir trouver il y a deux semaine, ça me donnait l’air d’un aventurier, d’un pionner. Avec ça un petit peu de tissu m’aidait à respirer le moins possible de poussières. Les grosses particules s’accumulaient très vite dessus si bien que je devais le nettoyer toutes les cinq minutes et même si c’était complètement inefficace contre les nanocatalyseurs ça me rassure tout de même un peu. Je regarde encore une fois ma boussole, je suis toujours dans la bonne direction : il est très facile de se perdre en tournant en rond dans un endroit pareil. Je devais continuer vers l’Est, à 4 kilomètres se trouve Tilaras, un bidonville géant infesté de déchets de l’humanité en tout genre. Elle est sur la chaîne du legs de l’humanité et c’est le seul accès à Ast, mon ticket de sortie.

Les vents se sont encore accrus et avec une telle force, les particules qu’ils transportent ont le même effet qu’un décapage agressif au papier de verre sans parler qu’il n’y a pas que de minuscule grains de poussière . Les lunettes protègent mes yeux, le bout d’étoffe mes poumons mais rien ne protège mon visage des lacérations. J’arrête pas de tousser et mon dosimètre commence à s’affoler même si le soleil à complètement disparu. J’arrive pas à voir s’il s’est couché ou si c’est simplement cette tempête qui le masque. Il y a des éclairs partout, ça tombe toutes les trente secondes environ, il va vraiment falloir que je m’arrête si je veux pas m’en prendre un sur le coin de la truffe. Finir en barbecue sur patte, la mort conne vraiment.
J’ai cru voir du béton dépasser du sol tout à l’heure, j’espère que c’est Tilaras et pas une hallucination ou un repère de sauvages. Ils affectionnent les cibles isolés et avec le chargement que j’ai sur le dos se battre serait de l’ordre du fantasme, surtout qu’ils nous tombent dessus à 8 ou 9. Encore un ou deux ça va, trois on peut toujours se débrouiller mais là. Enfin je vais être fixé..


Spoiler:
 

Dix semaines, j’ai dû attendre dix semaines à Tilaras avant que la tempête  ne cesse. L’îlot entier était plongé dans ce brouillard mais les habitants n’avaient pas l’air plus bouleversés que ça. Les bâtiments n’avaient que peu d’ouverture, les rares présentes étant recouvertes de grandes plaques de métal érodées par les particules et les pluies acides. Ils étaient en outre tous reliés entre eux par un ensemble complexe d’enjambés au-dessus des rues qui rendait l’îlot sombre et lui donnait l’aspect d’une forêt dense. Quand je suis arrivé ça ne changeait pas grand chose je voyais pas à plus d’un mètre, j’ai de la chance on m’a laissé rentré dans un des immeubles assez rapidement sinon j’y serais resté. J’ai cru à un piège au début, c’est vrai j’étais acculé mais rien, il ne s’est rien passé. À l’intérieur la vie suivait son cours et très vite les gens se sont mis à me dévisager sans jamais croiser mon regard. L’intérieur,comment dire c’est des bâtiments dans des bâtiments: des échoppes, des maisons de brique et de broc, des réservoirs, des entrelacements de câbles électriques, des lampes constamment allumées éclairent des « rues » où se bousculent une foule compacte, l’extérieur n’est en faite qu’une coque, un dôme métallique de protection. Au départ je pensais partir chercher directement un endroits où passer la nuit et repartir le lendemain quand la tempête serait fini (héhé ) mais j’ai dû très vite changer mes plans quand je me suis aperçu que je crachais des petits morceaux noirs et spongieux. Les gens exerçant la noble profession de décrasseur sont nombreux en Continent, c’est un peu comme les voyantes, il y en a des plus ou moins honnête et des plus ou moins efficaces de tout les cas tu le sens passer. Les décrasseurs c’est pareil, ils vous nettoient les poumons des nanocatalyseurs et autres particules toutes aussi appréciables en vous enfonçant une pléthore de tuyaux dans l’œsophage et ce n’est absolument agréable, non du tout. Ils vous proposent bien de vous anesthésier mais une fois sur euh un vous vous retrouvez à poil sur une décharge avec peut être un ou deux reins en moins. Celui que j’ai été voir ne dérogeait pas à la règle à ceci près qu’il ne m’avait pas demandé avant d’essayer de me piquer... Trois baffes, une droite et une grosse molaire plus tard je pouvais enfin respirer, rester plus que le problème du logement à régler. La plupart du temps je me débrouille pour trouver le coin des réfugiés qui se présente toujours sous la forme d’un bidonville dans un bidonville, les gens ne font pas attention à vous là bas ou alors il y a toujours le squat quand on en trouve, de toute façon c’est juste pour dormir quelques heures d’un œil la journée est déjà bien chargée à trouver des boulots pour amasser assez de vivre pour la prochaine étape.
Aujourd’hui la tempête à cesser je vais donc pouvoir reprendre ma route, Ast n’est qu'à une dizaine de kilomètres d’ici et vu la largeur de l’isthme qui la relie à Continent se sera un jeu d’enfant de s’y rendre, enfin s’il n’y a pas d’embûche. Bientôt je pourrai partir d’ici.

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MessageSujet: Re: Les légendes de Nedghast   Lun 28 Oct - 18:04

HRP: Petit intermède culturel avant la suite de nos escapades...

L'Armée Fédérale Athonite


Messieurs, mesdames et mesdemoiselles, bonjour. Bienvenue à l'Université Militaire d'Illyria-II. Votre séjour parmi nous doit, comme vous le savez, vous préparer aux concours pour les Ecoles de Guerre de la République.

Ainsi, il sera une initiation aux stratégies et tactiques d'aujourd'hui, d'hier et de demain, comportera bien sûr une formation militaire personnelle, des stages dans l'armée et dans la milice, enfin vous permettra, par un récapitulatif historique tout au long de vos deux années, d'entrer, je vous le souhaite, aux Ecoles, avec une bonne connaissance synthétique de l'évolution de l'art de la guerre à travers les âges, et d'une bonne maîtrise de base de ce dernier. Chers étudiants, je sais qu'avec les séjours de vacances que vous supportez depuis votre plus tendre enfance, vous pensez avoir déjà acquis cette initiation : vous avez tous entre 20 et 25 ans, cela fait donc entre 15 et 20 ans, que chaque année, durant l'été, vous recevez une formation sommaire. C'est certes vrai, mais permettez-moi de vous dire que la guerre d'aujourd'hui est faite d'une telle complexité que vos séjours de jeunesse ne suffisent pas forcément à vous en donner une bonne intuition, et nous sommes ici pour vous permettre d'acquérir cette intuition, ou de la développer fortement. Vous êtes ici pour vous spécialiser et votre niveau actuel est celui de tout milicien qui se respecte. Cela ne suffit pas pour rentrer dans l'Armée Fédérale. Considérez donc le temps que vous passerez ici à la fois comme un récapitulatif de ce que vous avez déjà vu et comme une ouverture à des horizons nouveaux. Enfin, comme un intermédiaire entre le niveau requis par la milice, et celui attendu dans l'armée professionnelle.

Je commencerai mon cours par une présentation historique de nos forces armées, puis par la présentation de ces dernières, de façon très schématique et succincte.

Le vieux professeur, un militaire raide et ironique, mais non dénué de bienveillance cachée, actionna son rétroprojecteur qui afficha sur l'écran 3D le terme suivant, en gros caractères :

Génèse

Puis, il reprit la parole.

L'armée fédérale athonite est une vieille organisation militaire, qui fut fondée en 2095, à la suite de la décision solennelle de ce qui était alors la Fédération Chrétienne d'Europe de lancer l'Expédition du Salut, ce qu'on appelle communément chez les Athonites la Tension. A la suite des dévastations occurées par la Troisième Guerre Mondiale, il avait été décidé dans les communautés troglodytes de la FCE de ne plus jamais recourir aux armes, de dissoudre toute armée, et de ne laisser qu'une population convenablement formée aux exercices guerriers, qui aurait tout loisir de se défendre contre les intrusions potentielles. Rappelons qu'à l'époque la Terre entière était en ruines, et que personne n'était plus en état de déclarer la guerre à qui que ce soit, voire même de lancer de vagues opérations de pillages des camps voisins, parmi les décombres irradiées de ce qui fut autrefois une civilisation florissante au point de vue matériel.

Il n'y avait donc plus à craindre d'attaques de qui que ce soit, l'on était dégoutés de la guerre, et d'autres priorités se faisaient jour : la décontamination, la reconstruction, le développement des technologies spatiales et de nouvelles méthodes de soin. Les malformations étaient alors monnaie courante chez les nouveau-nés, et l'on préférait parfois installer des implants de contrôle, voire des organes artificiels chez eux que de tolérer ces dégénérescences génétiques. Notons que si la Papauté était en sursis, le Vatican ayant été annihilé au milieu de la guerre par des attaques toxiques, ces pratiques n'étaient pas officiellement encouragées par la FCE, pour des raisons humanistes évidentes. Ces opérations se faisaient bien sûr clandestinement, à l'ombre des catacombes et des grottes profondes où les communautés européennes s'étaient réfugiées.
Une véritable traque aux poseurs d'implants et autres cyber-chirurgiens fut lancée, et se termina par des vagues d'emprisonnements. Un pardon général fut assuré aux malheureuses familles, ce que d'aucuns jugèrent hypocrite.

Mais suite à la découverte du médicament Surgeon B-2, qui permettait de stopper le développement de ces malformations, qui donnaient naissance à d'affreuses mutations, un pas fut réalisé vers le progrès final que représenta la nouvelle géno-chirurgie, qui permettait la réversibilité des effets de l'exposition aux radiations. Une nouvelle hygiène de vie, ainsi que morale, très stricte, sobre et spartiate, prit naissance à l'ombre des catacombes, que certains mystiques virent comme la symbolique vivante de la purification et du dépouillement auxquels tout homme qui se respecte doit se prêter de plein gré pour devenir un homme nouveau, tuer le vieil homme, comme ont toujours dit les chrétiens, et se rapprocher de l'idéal humain du Christ. On y vit une forme nouvelle et collective de la Nuit de l'Âme qu'ont relaté certains saints comme Jean de la Croix comme étape de purification intérieure précédant la véritable mystique, préparation et initiation à cette dernière comme élan vers Dieu.

C'était une époque très stimulante, en fin de compte, et certains, malgré les horreurs qui se déroulaient au dehors, et vagabondaient parmi les décombres, virent dans cette époque le prélude à un nouvel âge d'or : une humanité enfin libérée de ses démons, une sortie de la caverne platonicienne, que symbolisait très concrètement la conquête de l'espace. C'était en effet l'époque où de premières colonies avaient été établies par delà le système solaire. Dix ans passèrent entre les premiers départs terriens et l'Expédition du Salut, qui vit partir l'entière population de la FCE à bord d'immenses vaisseaux-mondes.

Les évolutions remarquables qui s'étaient faites en un si petit laps de temps avaient été rendues possibles par un formidable investissement technologique d'où avaient été évacuées les préoccupations d'ordre militaire, et peu à peu, médical, car dans ce dernier domaine, on était arrivé peu à peu à éradiquer toutes les maladies répertoriées, sauf dans le domaine de la psychiatrie, et l'on stagnait plutôt qu'on ne progressait. Aussi mit-on le paquet, si je puis m'exprimer ainsi, sur le développement technologique dans le domaine de l'industrie spatiale : plus de  1,5 millions de techniciens, ingénieurs, ouvriers et chercheurs travaillèrent d'arrache-pied pendant une décennie pour sortir des souterrains où nos ancêtres vivaient, et pour concevoir ces chefs d'œuvre que sont les vaisseaux-mères, ainsi que les rampes de lancement titanesques requises pour leur décollage. Les premiers prototypes furent lancées en 2093, et le grand saut eut lieu, comme vous le savez, deux ans plus tard.

Ceci donna naissance, pour revenir à notre sujet, à ce qui serait désormais appelé la FSF, la Force Spatiale Fédérale, qui deviendrait plus tard l'AFA, l'Armée Fédérale Athonite. En effet, alors, si l'on ne craignait plus d'offensives terriennes, les immensités de l'espace faisaient autrement plus peur à nos ancêtres, qui ignoraient tout des expériences de leurs prédécesseurs humains, ayant perdu le contact avec eux. On craignait alors leur élimination par des forces hostiles tapies dans les étoiles lointaines, et l'on décida de se doter d'une force d'escorte conséquente. Ainsi, en sus des 30 vaisseaux-mères qui composaient l'Expédition du Salut, celle-ci fut composée de la Première Flotte, qui existe toujours, et qui était dotée alors de cinq croiseurs, deux destroyers, d'un vaisseau amiral et d'un millier de chasseurs. Maigre force, j'en conviens, mais à l'époque, toutes les ressources avaient été épuisées pour construire cette flotte, dotée de ce qui était alors le dernier cri en matière de technologie spatiale.

A l'époque, on jugeait cette petite troupe impressionnante, et bien plus armée et préparée à affronter les horreurs potentielles qui demeuraient dans le néant étoilé que ses malheureux prédécesseurs. On partit donc, par dizaines de millions, dans un état de fébrilité inimaginable, mais le cœur et l'esprit tranquille quand à sa propre défense. Vous savez la suite : épidémies, nouvelles maladies, errances pendant des mois et des mois, et pas d'attaques. Nulle part. On reprit contact avec ces fameux prédécesseurs qui développaient tranquillement leurs petites colonies, on chercha une terre vierge durant plus d'un an, les ressources diverses d'amenuisaient, puis nos ancêtres tombèrent sur notre chère Athos, édifièrent là leur capitale, et vous connaissez la suite.

Militairement , que dire depuis l'installation jusqu'à nos jours ? Nous n'avons jusque là jamais été en guerre contre une nation civilisée, xénos ou humaine ; j'écarte bien entendu les Waaaaagh ! que nous avons connues, et qui ne sont pas le fait d'autre chose que de barbares à peine organisés socialement : et sûrement pas d'une culture organisée et disciplinée. Nous domptâmes ces primitifs, qui nous firent, il faut l'avouer bien du mal, et encore, nous ne subîmes par le pire de ces invasions qui visaient nos voisins bien plus puissants et riches, et qui ne rentrèrent en contact avec nous, on peut le dire, que par accident.

Il n'en reste pas moins que nous fîmes nos premières armes contre eux et que ce fut une rude expérience, je peux le dire pour en avoir été. Elle fut une révélation pour nous, car jusqu'alors nous ne comptions que sur une organisation milicienne pour nous défendre, sans aucune armée professionnelle. Celle-ci fut montée à la va-vite, faite de bric et de broc, et sans réelle expérience du combat : nous perdîmes beaucoup d'hommes, mais cela nous réveilla, et présida, il y a cinquante ans, à la fondation officielle de l'AFA.

Composantes et organisation

Bien. Voilà pour les préludes. Entrons dès maintenant dans le vif du sujet.

Nous sommes 70 milliards, actuellement, en RFA, ce qui est peu. Mais, ce qui n'est pas anodin, notre proportion de soldats par rapport à la population est une des plus élevées du Secteur Nedghast, puisqu'elle se monte à un pour 70, tous formés au combat, mais dont le nombre de combattants spécialisés est de 250 millions. Un milliard de soldats, donc. Quelle est en la répartition, hors-milice, j'entends ? La voici :

Citation :
Aérospatiale :  90 millions
Forces Planétaires : 910 millions
Vous connaissez tout cela, mais je vais vous le rappeler. Nos forces connaissent et appliqueront si nécessaire la doctrine de la contre-attaque massive, mais nous n'avons pas de volonté expansionniste à l'égards des nations constituées : notre colonisation ne concernant jusqu'à maintenant que les terres vierges. Il s'agit donc d'une force avant toute centrée sur l'auto-défense. Nous nous réservons cependant un droit de conquête ponctuel en cas d'agressions extérieures, et si nous le jugeons nécessaire, nous investirons les mondes des nations qui nous attaquent. Mais ceci n'est pour l'instant par au programme de la DMO ( Doctrine Militaire Officielle ), et j'espère bien que cela le restera pour longtemps. Nous n'idéalisons certainement pas les grandes conquêtes, mais reconnaissons humblement les talents militaires des grands conquérants de l'Histoire, Terrienne et Spatiale.

Bien, vous savez tous que nous divisons, au plan aérospatial et planétaire, entre les forces légères, lourdes et intermédiaires, aussi nommées polyvalentes. Pour des raisons de flexibilité évidentes...il faut savoir s'adapter à tout, privilégier les plans simples, facilement modifiables et adaptables aux évolutions de la situation sur le terrain. Trop de chefs militaires ont perdu une bataille, et avec elle, parfois une guerre, pour s'être perdus dans les détails d'un plan très intelligent, mais trop compliqué et trop rigide, ne pouvant pas s'adapter à une situation nouvelle. Voir la bataille de Midway en 1942, vue du côté japonais.

Ainsi, il est arrivé bien des fois qu'un général intelligent soit battu par un plus bête, du moins, moins compétent que lui. Voire Montgomery contre Rommel, ou mieux encore, le général hiérarque Manteuffel contre le Boss des Boss Ork "Tête de Prune" il y a 330 ans. Tous ridicules que soient son nom et son titre, et si stupide qu'il fut, ( pas qu'un peu, je vous prie de le croire ) c'est lui qui a gagné.

Ceci ne veut pas dire qu'il faut être idiot, bien au contraire, mais qu'il ne faut pas faire dans la sophistication. Soyez forts et agiles à la fois, et surtout souples, la souplesse prime la force, c'est un credo de notre tradition militaire. Contre un ennemi qui vous domine par la force, essayez de raisonner sur un autre terrain plutôt que de vouloir le concurrencer sur le sien propre : opposez un élément à un autre, qui le contredit et l'annule, soyez l'eau contre le feu, c'est ce que la guerre contre les orks nous a appris.

Je reprends donc et terminerai pour l'instant, avant que notre intervenant arrive, sur la composition numérique, aérospatiale et planétaire,  entre les trois forces dont je vous ai parlé tantôt.

Citation :
Aérospatiale ( une dizaine de Flottes ):

Forces lourdes : 10 millions. 100 super croiseurs, porte-aéronefs, vaisseaux amiraux.  
Forces intermédiaires : 20 millions. 1000 croiseurs, cuirassés de poche et réguliers.
Forces légères ( lesquelles sont le souvent affectées à la défense immédiate des planètes ): 60 millions. Trois millions de chasseurs et bombardiers, 10 000 corvettes, dragueurs, et destroyers.  

Planétaire ( 20 Groupes D'Armée )  

Forces lourdes : 100 millions. 5 millions de véhicules et blindés.
Forces intermédiaires : 500 millions.  25 millions de véhicules et blindés.  
Forces légères : 310 millions. 15,5 millions de véhicules et blindés.

Soit, pour un milliard de soldats, 45,5 millions de blindés et véhicules divers, et 11 100 vaisseaux de tous types...
Voici très sommairement pour nos effectifs officiels. Vous avez le temps de souffler, si je puis dire, et quoique le cours commence à peine, car notre intervenant n'est pas encore arrivé...


Dernière édition par Klymenos le Lun 20 Jan - 14:39, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Les légendes de Nedghast   Lun 28 Oct - 22:23



Centre Petraeus, Boulevard de la Grande Alliance, à deux pas du Bureau des Primarques, sur Pyrrhus. Centre opérationnel des services de la PSICOM et du TACTICOM (TACTical Intelligence Command), son pendant pour le renseignement "conventionnel".

" Vous ne me reconnaissez pas, bande de gorilles attardés ?! "

Alors que toute le lobby était verrouillé et que quatre cyborgs cagoulés la tenait en joue avec des fusils magnétiques à répétition à même de stopper des véhicules légers, Eliza Malik éclatait d'une colère redoublée : comme dans chaque bâtiment officiel où elle mettait les pieds, elle avait encore déclenché les alarmes de sécurité. Au guichet, la secrétaire était confuse.

" Mademoiselle Mâlik, le directeur Yalto est en route ... Je suis désolée, c'est auto- "
" -matique, je sais ! Merci ! Réglez vos senseurs au lieu de me traiter comme la première terroriste venue ! "

A peu près au même moment, l'un des rideaux blindés se souleva, laissant apparaître un Centii d'air affable, relativement âgé et doté d'une jambe mécanique, habilement camouflée par son costume trois pièces impeccable.

" Eliza ! Vous êtes resplendissante ! Comment allez-vous ? Veuillez excuser cet fâcheuse interruption ... "
" J'irais mieux quand vos orks arrêteront de pointer leurs jouets sur moi ! Avez-vous seulement idée du prix qu'une blessure me coûterait ?! "

Le directeur du PSICOM agita le bras en direction de ses hommes, qui baissèrent leurs armes, sans piper mot

" Une fortune, assurément ! Vous m'en voyez navré. Voulez-vous me suivre ? "

Sans guère attendre son approbation, il s'était déjà approché et lui avait passé un bras autour de l'épaule dénudée de la journaliste, vêtue dans une robe de créateur à peine pousse-au-crime. Passant de l'obscurité constellée d'éclats rouges du lobby verrouillé aux couloirs de bureaux extraordinairement clairs et aérés donnant sur le quartier de l'Anople, quelques centaines de mètres plus bas, au pied du gigantesque barrage de l'Anople d'où débordaient quelques cascades, pour former en bas les coquettes rigoles d'un paisible quartier résidentiel extrêmement cher, éloigné de l'activité galopante du Boulevard de la Grande Alliance ou des dangers de la Place Pérégrine - que l'on réputait 4ème place la plus dangereuse de l'Univers connu, après la zone tampon Sheevat, les bases frontalières de la "Zone verte" et une Finale de Championnat Galactique de Rollerball entre les Franc-Tireurs Corsicans et les Prétoriens Daenvans -. Si il y avait quelque chose à dire, c'était que le centre Petraeus était incroyablement bien placé, presque aussi bien que le décolleté de la présentatrice, vers lequel semblait loucher à peu près toute personne passant dans les couloirs et la voyant pour la première fois, cela, quand elles ne s'arrêtaient pas pour demander un autographe - une pratique antédiluvienne, qui faisait que les stars se choisissaient une signature pour ce seul usage, à un âge où l'on n'utilisait plus guère de gribouillis d'encre... -.

Après une traversée qui aurait fait passer l'un des bâtiment les mieux protégés de l'Univers pour une avant-première de blockbuster, elle et le directeur atteignirent son ascenseur personnel et de là, son bureau, situé plus haut encore. Là, les nuages le côtoyait aux véhicules et aux cuirassés en patrouille, plus haut dans l'atmosphère et dont les formes se distinguaient à peine.

" Un petit verre ? Pastis d'Occitania, du neuf de cette année. Hors de prix, vu les récoltes désastreuses. " Yalto fit une moue en dévissant le bouchon. " Bwarf, j'espère qu'il est bon. "

Remettant légèrement en place ses vêtements, Eliza semblait peu dupe, sans pourtant regarder son interlocuteur. " Et si nous parlions plutôt de vos manœuvres sur Illyria III, autour d'Ast ? Qu'est-ce que le PSICOM trouve à déterrer dans des secteurs arriérés ou désolés ? "

Le directeur leva des yeux vexés, à la rencontre du visage de la journaliste, tout en sirotant une gorgée. Il posa ensuite son verre sur son bureau, s'inclinant avec difficulté dans la manœuvre, avant de se diriger vers la baie vitrée.

" Ah, Illyria III, une sacrée Manteufellerie, il est vrai. J'espère que vous savez au moins que la 3ème flotte conduit des exercices juste en face des positions Athonites. " Il fut une pause, avant de reprendre, interrompant une tentative de prise de parole du parti opposé " Non, je ne vous apprends rien. Vous n'êtes pas de ceux qui croient que l'on déploierait l'une des flottes les plus décorées de la Hiérarchie pour faire peur aux Athonites. Ils n'en ont cure. Non, la vérité est à chercher du coté d'Artemis : La moitié de leurs forces seraient en train de tenter de rayer ces culs-bénis de la carte pour les avoir fait passé pour des vigiles de supérette."

Il se retourna, grave et solennel.

" Nous prévenons la guerre, Mâlik. Vous le savez. Vous savez pertinemment que le PSICOM travaille avec le TACTICOM, la Blackwatch et les Cabales pour désamorcer une situation épineuse. Nous gardons occupés les troupes de la RFA pour éviter qu'elle ne se croient malignes en laissant des raids sur les positions d'Artemis, et le Commandement Central retient Artemis avec ses propres troupes pour éviter que des mercenaires avec une gâchette à la place du cerveau ne fasse sauter une poudrière. "

Pourtant, son interlocutrice ne semblait pas ciller. Sèche, elle rétorqua :

" Ast, c'est pour empêcher un gouvernement en ruine de nous déclarer la guerre ? Et le Chaos ? "

L'échange semblait voué à monter à la simple mention de ce terme.

" Vous croyez que parce que nous portons "Paranormal" dans notre sigle, nous nous consacrons à chasser des affabulations millénaristes ? Cessez de vous enfoncer dans vos absurdités, Mâlik. L'Ahne Corporation n'était que le rejeton chanceux d'un esprit malade. Elle est morte et enterrée, et cela n'a rien à voir avec Ast ! J'étais moi-même présente lorsque Georges Ahne a été mis aux arrêts. Je l'ai moi-même fourré dans sa cellule d'Aton ! Si vous avez besoin des aveux d'un esprit malade pour condamner les dérives des tests à grande échelle et de la xéno-ethnologie, allez le voir, ou mieux, allez voir les instituts d'études mentaux Athonites, mais par pitié, tenez le PSICOM et le gouvernement en dehors de ça ! "

Il attrapa son verre au passage, le vida d'un trait, le reposa, puis se dirigea prestement pour agripper amicalement les épaules de la jeune femme, qui le toisa tout du long dans le blanc des yeux, avec un stoïcisme insoupçonnée.

" Je sais à quel point vous vous attachez à votre renommée, Eliza. Je suis votre soutien le plus fervent, mais par pitié ... Ne tombez pas dans les écueils les plus stupides pour quelques dixièmes d'audimat. Nous sommes là pour sauver la Hiérarchie, pas pour comploter contre elle. "

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MessageSujet: Re: Les légendes de Nedghast   Mar 29 Oct - 12:35

Branle bas de combat en RFA

Si elle n'était pas la plus puissante du secteur Nedghast ,l'Armée Fédérale Athonite comptait plusieurs avantages contre ses futurs adversaires de la Hiérarchie : contrairement à eux, elle défendait un territoire réduit. La RFA n'avait jamais été très grande, n'ayant colonisé que dix systèmes et une centaine de mondes. C'était bien peu face aux grandes nations d'hier et même d'aujourd'hui, car la Hiérarchie et l'Imperium étaient en terme d'expansion bien plus impressionnants. Seulement la RFA comptait, en plus de l'armée professionnelle proprement dite, sur un système de milice et sur une tradition guerrière qui faisaient que la conquête d'un de leurs mondes exigerait plus d'efforts que la simple défaite des troupes situées sur le terrain : il faudrait faire face à une force de résistance considérable, par son nombre et par ses capacités de harcèlement : conquérir un monde était une chose, le contrôler et le pacifier étaient une autre ; et à moins d'une extermination complète qui annihilerait les possibilités d'exploitation économique et industrielles du dit monde, il serait difficile de contrôler un monde athonite, comme les dernières Waaagh ! avaient pu le constater.

Elles avaient en effet été confrontées à une résistance populaire qu'elles n'avaient pas prévu et à laquelle les orks avaient répondu par une terreur qui ne fit qu'amplifier la révolte et conduisit à déstabiliser grandement les hordes vertes dans leurs plans de campagne, et à diminuer leur moral du fait des atrocités qui furent parfois effectuées sur les prisonniers orks par des miliciens rendus fous de haine et de chagrin.

Cependant, cela n'avait pas suffi à stopper les peaux-vertes dans leur fulgurante expansion, et à chaque fois que la milice s'était risquée à un combat régulier, elle avait été débordée. S'étant contentée d'opérations de harcèlement, et de terrorisme, les milices athonites s'étaient montrées capables de rendre cauchemardesque l'occupation de leurs mondes, mais non de défaire les orks. Il ne fallait pas non plus surestimer les possibilités de la Milice, tout respectable et compétente qu'elle fut, face à une invasion de grande échelle. Elle ne permettrait sûrement pas de renverser la tendance en cas de guerre contre les grande nations de ce Secteur, qui avaient su battre les Waaaagh ! et qui disposaient de Flottes nombreuses, et de soldats disciplinés, bien plus redoutables que les orks.
Néanmoins, ces dernières n'étaient pas habituées à la façon dont les athonites combattaient : tactiques irrégulières, approche indirecte, reporter le combat en amplifiant la guérilla, les républicains avaient retenu la leçon dans leur lutte contre les orks : reporter la "bataille" et n'engager celle-ci qu'au cas où l'on est sûr de la victoire. Pendant ce temps, "grignoter" les forces du camp adverse, épuiser celui-ci en ménageant ses propres forces lorsqu'il y a asymétrie numérique. Et en cela, le fait que toute la population de la RFA était passée par la milice et savait se battre, était d'une importance capitale et rendrait une invasion plus difficile que prévu.

La Hiérarchie aurait à compter là-dessus si elle se décidait à lancer une guerre qui n'avait pas de fondement officiel, mais cela, la HNN de Mâlik s'en occuperait. Cet organe vicieux de propagande n'aurait sans doute aucun mal à inventer les pires atrocités pour justifier l'invasion de la RFA. Les opérations préliminaires avaient déjà commencé, avec des opérations de la PSICOM, du TACTICOM, et de menaçantes manœuvres effectuées aux frontières entre la RFA et la Hiérarchie.

L'on avait beaucoup de difficultés à savoir quelle était la situation de l'opinion publique en Hiérarchie : le Bureau de l'AFA supposait qu'elle était très remontée par les deux derniers attentats, ainsi que par le traitement mérité reçu par les sicaires de ces dernières sur Illyria III. Gageons que les récits des survivants, rendus vivants aux leurs grâce à la magnanimité des colons Tiers-Illyriens, avaient eu le loisir de glacer les sangs et de fortifier les haines.
Quoiqu'il en soit, l'on ne manœuvrait pas seulement d'un côté : la mobilisation générale avait été décrétée en RFA, et l'on s'entraînait quotidiennement, chaque section, chaque régiment, devant, selon la tradition, proposer tous les mois une nouvelle réponse à une situation donnée par le Bureau : réponse filmée, fournie avec les plans, tactiques ou stratégiques selon qu'il s'agît d'une section ou d'une division, de sorte que tout soldat ait en permanence la cervelle prête à s'adapter à une nouvelle forme de combat, et puisse présenter plusieurs initiatives en cas de réelle guerre. Ceci afin de préserver, comme on s'en doute, une tradition de souplesse et d'adaptabilité sur le terrain, clés de la victoire.

Le Bureau avait bien sur décentralisé le traitement de ces données, et c'était à chaque monde de noter la pertinence de telle ou telle réponse tactique ou stratégique, de la classifier, quelle qu'était son degré d'efficacité, d'en faire une synthèse à transmettre au Centre du Système, lequel faisait la même chose, et transmettait au Bureau situé sur Athos. Cette remarquable décentralisation permettait un traitement des données en un temps record, et l'on fourmillait de plans, prêt à appliquer à tout type de menace. L'AFA entretenait ainsi une réputation de capacité d'innovation intellectuelle sur le plan militaire dont elle se glorifiait parfois un peu trop ; d'autant plus que cette réputation tournait à l'intérieur de la RFA, mais n'avait pas le loisir d'être internationale. On savait, en effet, peu de choses de l'AFA en dehors de la République, n'ayant guère eu le loisir de se faire connaître : les Waaagh ! avaient autrement plus dévasté les grandes nations du secteur Negdhast, qui n'avaient pas prêté attention aux incursions orks dans les systèmes athonites. La RFA elle-même restait mystérieuse, et l'on y était sûr que la plupart des citoyens de la Hiérarchie, de l'Impérium, ou de n'importe quelle autre nation, ne la connaissait que de nom, étant incapable de la situer sur une carte, voire ignoraient jusqu'à son existence.

Cela, du moins, jusqu'aux attentats dont on l'accusât un peu trop rapidement, pour ne les avoir jamais revendiqué, et qu'elle condamnât verbalement, quoique cette condamnation n'entrainât pas de réelles mesures pour éradiquer ces actes de terrorisme.
En tout cas, le Bureau s'inquiétait à la fois des agitations hiérarques à la frontière et des potentiels agissements de ce mystère qu'était Artémis : ce groupuscule mercenaire, parce qu'incontrôlable et non soumis à des notions de discipline, et seulement à des intérêts égoïstes et pécuniers.

L'on craignait que, sitôt que le haut commandement hiérarque eut décidé de leur lâcher la bride, les mercenaires d'Artémis se livrassent à des atrocités dans la population athonite, étant non soumis aux règles du Droit stellaire, et n'ayant cure des implications morales de leurs actes. C'est pourquoi il fut décidé d'éviter toute provocation auprès de la Hiérarchie, et d'éviter même toute action préventive officielle, qui aurait eu effet de déchaîner l'opinion interstellaire, et de légitimer tous les moyens d'action, de la part des militaires hiérarques. L'on renforçait donc les défenses des mondes frontières, où toutes les installations préfabriquées requises pour la protection de ces territoires avaient été mises en places.

La question restait quand même de savoir à quel prix on pourrait triompher des flottes hiérarques, et même si on le pourrait. Ces derniers avaient pour atout des services spéciaux performants, la possibilités de projeter des opérations commandos loin dans le territoire réduit de la République. Mais elle avait des atouts, elle aussi : défense populaire potentiellement fanatique, ainsi qu'une expertise dans l'art du terrorisme. On pouvait dès lors espérer pouvoir gêner gravement le potentiel industriel hiérarque, et entraver leur capacité à renflouer leurs pertes, qui seraient mal acceptées par une population qu'on supposait hyper-sensibilisée à la mort de ses soldats.

Un autre atout à jouer était la rivalité entre l'Imperium et la Hiérarchie ; et l'on espérait pouvoir s'attirer sinon la bienveillance, du moins la neutralité du premier. Des missions diplomatiques secrètes avaient été menées en ce sens.

Bref, le mot d'ordre, était à l'attente, à la préparation de la défense en RFA. Pendant ce temps, le Président Kusmane lança un communiqué interstellaire, à diffuser auprès de toutes les chaînes, et principalement l'influente HNN, en vue de rappeler que personne ne voulait une guerre dont les conséquences étaient impossibles à prévoir, alors que le secteur se relevait lentement et douloureusement des troubles des dernières décennies : conflits entre nations et Waaagh ! avaient considérablement fait chuter la population de certains systèmes, et ces drames à répétition avaient mis à genoux tous les peuples civilisés. L'heure était à la paix et à la concorde, et non à de futiles disputes soulevées par la volontée d'un certain capitalisme conquérant d'imposer son modèle à la Galaxie. Tel était le contenu du message qui devait être envoyé à toutes les chaînes et diffusé par elles à toutes les populations du Secteur, de façon à dissiper tous les malentendus.

Du côté Athonite, on s'était préparés à la guerre en renforçant les défenses des deux côtés sollicités : la stratégie hiérarque paraissait consister en une prise en tenaille du front athonite. La redoutée Troisième Flotte d'un côté, Artémis de l'autre. Ces deux adversaires de taille déborderaient sans aucun doute le premier échelon républicain : aussi le Bureau avait-il la volonté de les isoler. On savait que l'élément le plus instable était le groupuscule privé Artémis : aussi multiplia-t-on envers lui les actes de provocation afin de l'inciter à attaquer le premier, se supposant suivi, courant le risque de combattre seul.
La Troisième Flotte, précédée par sa réputation, saurait-elle réagir en conséquence ? Elle aurait le choix entre suivre le groupuscule privé, prenant la responsabilité d'une déclaration de guerre, ou le laisser seul pour le moment, avec le risque d'une défaite de l'élément mercenaire du plan hiérarque. Tout dépendrait de la volonté, à Pyrrhus, de faire véritablement la guerre à la RFA, et de la réaction d'Artémis.


Athos, Bureau du Président Kusmane


-Tout va bien, monsieur le président ?

Le visage ridé du chef, si l'on pouvait l'appeler ainsi, de la RFA, après le Patriarche Eusèphon, du moins, se releva lentement, découvrant des yeux las. Sa secrétaire, Joséphine, descendante d'une lointaine famille française, le fixait d'un air curieux et attentif tandis qu'elle lui délivrait son café.

-Ca va, merci. Fatigué. Merci, Joséphine, vous pouvez disposer.

Cette dernière ne se le fit pas dire deux fois et disparut, tandis que Kusmane, qu'on accuserait à tort d'obsession sexuelle, fixait son joli corps qui s'évanouissait dans les limbes du Monastère.
Pour bien exprimer, en effet, le caractère religieux de la République, il avait été décidé, à l'arrivée sur Athos, de construire un bâtiment qui ferait office à la fois de centre religieux et politique, afin de bien faire voir au peuple les liens qui unissaient l'une à l'autre, et sous-entendaient, dans l'exercice du pouvoir, sinon une parfaite orthodoxie, du moins, un certain sens de l'éthique et de la morale.

A son investiture dans le bâtiment blanc qui à bien des aspects, rappelait les monastères du Mont Athos terrien, ou encore ceux de Lhassa, dans l'ancien Tibet, Kusmane avait décidé de ne pas déroger à cette règle, et cet immense monastère où résonnaient, soit un profond silence, soit des chants religieux lancés dans l'air avec ferveur, ne manquait pas d'un certain confort, du moins dans la section affaires civiles et politiques, appelée la Section Rouge.

Il faisait assez froid ce matin, même pour un monde relativement éloigné de son soleil, où la température dépassait rarement les vingt degrés. Plongée dans un brouillard épais, la région où se dressait le Monastère était encore plus calme qu'à l'ordinaire. Il faut dire que l'endroit était situé au point de convergence des grands centres décisionnels de la planète, avantage pratique indiscutable, mais qu'il était lui-même déconnecté de tout réseau urbain. Il était cependant situé à à peine vingt minutes de vol des réseaux principaux du monde, en moyenne. Mais cette situation semblait symboliser le calme profond dont doivent s'entourer les grands décideurs politiques comme les moines.

Soumis à la pression constante du Patriarche Eusèphon, qui ne voulait d'une guerre à aucun prix, le Président Kusmane s'était décidé ce matin d'hiver, à joindre ni plus ni moins le Primarque de la Hiérarchie. Son communiqué étant par trop impersonnel, il avait choisi, après de longues hésitations, à s'entretenir personnellement avec le chef d'une des plus puissantes nations du Secteur Nedghast, afin de mettre les choses au point.

Les évènements qui avaient secoué récemment cette part de la Galaxie, sur Illyria III entre autres, avaient fait renaître les crises de migraine dont le président était affublé depuis sa naissance, et que son traitement aux herbes avait permis d'éloigner quelques temps. Le surmenage l'avait miné, mais il se promit de faire bonne figure devant le Primarque, qu'il n'avait par ailleurs jamais vu, et entreprit de se donner une contenance. Il s'enfila une gélule de Sératium, médicament qui soignait la douleur, tout en générant une accélération du processus cognitif. Il n'avait aucun droit à l'erreur.

Quelques minutes passèrent, le temps que le médicament fit effet, puis il contacta par l'intercom sa secrétaire :

-Joséphine, veuillez me mettre en contact avec le Primarque, je vous prie.
-Bien, Monsieur.

Puis il se renfonça dans son fauteuil et réfléchit. Son communiqué, publié la veille, n'aurait pas encore eu le temps d'être diffusé, et, par rapport à l'échelle de temps de son monde, le serait dans la soirée. Cependant, les autorités de toutes les nations avaient eu l'occasion de le lire. Il aurait donc un interlocuteur au fait de ses intentions au bout de l'Holocom présidentiel, ce qui était déjà une bonne choses. Kusmane joignit les mains et attendit.
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MessageSujet: Re: Les légendes de Nedghast   Mer 13 Nov - 22:24

(HRP : Bon, alors pour éviter de bloquer encore un mois le jeu, et de le saboter façon n'importe quel autre PV alors qu'on avait plein d'intrigues cool de lancer et que je me lançais dans un délire façon Homeland avec le PSICOM et ses magouilles, et ben je répond. Et pour fêter.


Vous l'attendiez ? Eh bien n'attendez plus ! Il est là, de retour ! Il est beau, il est chaud !

C'est le tout nouveau ... JT de HNN ! Oui-oui, vous ne rêvez point !

(Laissez quand même la musique de Rocky un peu, ça fait style que y'a un lever de rideau, et tout et tout.))


New twist in the FAR/Hierarch border crisis !

C'est un nouveau rebondissement inattendu dans la crise qui oppose depuis déjà plus d'une semaine l'armée athonite et les forces du consortium Artemis sous l’œil de la Première flotte de la Hiérarchie. Alors que la loi Strider-Leius sur la transparence des opérations et des financements des sociétés militaires privées rentre en application d'ici quelques mois, Artemis, dans le collimateur des politiques, a d'ors et déjà été déclarée illégale en raison de ses multiples implications passées dans des scandales divers.

Après plusieurs jours de tractations diplomates directes entre le Primarque Cibius et le Président Kusman, il semble que ce démantèlement d'Artemis intervient comme un aveu de faiblesse, dans la lignée des preuves arguant de l'usage de lances à plasma et de nuées de drones miniaturisés contre les populations civiles d'Illyria. C'est bien, en effet, en soutien des forces athonites que les troupes de la Hiérarchie ont encerclé le groupe de combat mercenaire, entré quelques heures plutôt sans déclaration de guerre préalable dans l'espace de la RFA pour neutraliser ses bases de ravitaillement.

Nous sommes bien en droit de nous demander si la Hiérarchie ne s’assoit pas le cul entre deux chaises, oscillant entre sa volonté d'être le toutou des consortiums, et celle d'être le béni oui-oui des organismes internationaux galactiques. Ce n'est pas en installant une ligne rouge entre Athos et Pyrrhus comme dans l'Antiquité glorieuse de l'âge de l'atome qu'il retrouvera avec elle un âge d'or digne des civilisations terriennes !

Would you like to know more ?

Toujours plus loin, toujours plus dangereux ! Retrouvez la dernière saison de Mercs vs. Wild !

Dans les recoins les plus sauvages de l'univers, là où la civilisation n'a plus court, là où les peuples pré-industriels se mêlent à des ruines pré-historiques, les mercenaires d'Horizon vivent des aventures hors du commun, dans leur quête de protection des scientifiques qui, chaque jour, révolutionnent nos connaissances !

"Tiens, petit, voilà du cho-co-lat !"
"Attention monsieur, ces emplumés ont pas l'air d'être amicaux avec leurs lances."
"Ce ne sont pas des emplumés, voyons, c'est une civilisation dont nous sommes les tout premiers contacts extraplanétaires ! Vous participez à l'Histoire de tout un peuple, un peu de respect !"
Le scientifique se fait mordre la main portant le chocolat par le petit volatile en toge, il hurle de douleur. Tout les locaux baissent leurs armes vers les étrangers, qui braquent leurs mitrailleuses en réponse.
"Contact ! Contact ! Pylône, on a un blessé ! Demande de frappe orbitale aux coordonnées marquées ! Amis proches ! Je répète, alliés à proximité !"
Les mercenaires tirent en arrière le scientifique, avant d'assommer violemment le petit indigène d'un coup de crosse et d'ouvrir le feu dans la cohue.
"Bien reçu, Magellan, tir en préparation. Eclipse dans 30 secondes."

Will Immaterium live up to its expectations ?

Ce journal est aussi l'occasion d'évoquer l'arrivée sur le marché civil des technologies d'exploitation de l'Immaterium. Théorisé pour la première fois il y a de cela des siècles par les scientifiques daenvans comme l'une des composantes de la matière noire, l'immaterium s'est révélé être bien plus, ouvrant des possibilités d'applications que l'on considérait comme impossibles auparavant, comme la manipulation directe de la gravité à l'aide d'un simple gant ou la génération de matière.

Jusqu'alors limité dans sa distribution aux forces militaires hiérarques, il marque aujourd'hui son arrivée dans le domaine civil et public, après 30 ans d'expérimentations militaires. Les experts considèrent cette arrivée du matériau comme la plus grande avancée technique de l'ère moderne, comparable à la domestication du feu, de l’électricité ou l'élaboration du voyage spatial.

Son utilisation comporte toutefois des travers perceptibles. Economique, tout d'abord, puisque les installations et la technologie nécessaires à son extraction, son raffinage et son exploitation à grande échelle sont extrêmement onéreuses, mais également médical : les autorités de l'Imperium Daenvan mettent en effet en garde contre l'utilisation de l'immaterium, qui a fermé son programme d'exploitation à la suite de la disparition de la population de la lune qui l'abritait, tandis que des experts athonites ont théorisé ses effets psychiques considérés comme "désastreux", après des études menées auprès de déserteurs venus s'abriter en RFA pour chercher un éventuel salut de Dieu après avoir "regardé le Malin dans les yeux".

Cela n'arrête toutefois pas les autorités de la Hiérarchie, qui considère ces accusations comme "infondées", tout en saluant le travail effectué par ses scientifiques autant que par ses soldats pour rendre l'usage de l'immaterium "sûr, large et accessible à tous."

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